Les métiers des STEM fragilisés par les inégalités de sexe

Chiara Corazza, qui dirige le Women’s forum, a remis à Bercy un rapport sur les inégalités hommes-femmes au travail. Son diagnostic porte sur les disciplines STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), stratégiques pour l’avenir, mais peu féminisées. On ne compterait par exemple que 20 % de femmes ingénieurs informatiques, selon la Dares. Au-delà même du principe égalitaire, ces déséquilibres pèsent sur les résultats économiques. Le risque est que 85 % des résultats dérivant de l’intelligence artificielle soient faussés d’ici 2022 à cause des biais dans les données récoltées, dans les algorithmes, et surtout au sein des équipes, à prédominance masculine, qui les conçoivent. » La différence entre le sexe se crée dès l’école primaire, où les STEM sont associés à des compétences masculines. À l’entrée en seconde, 54,9 % des lycéennes s’orientent vers un profil scientifique, contre 74,6 % du côté des garçons. Puis, dans le supérieur, les femmes ne s’orientent que de façon minoritaire vers ces filières. Ainsi, les recommandations mettent l’accent sur l’éducation : former le personnel de l’Éducation nationale ainsi que les parents pour contrer les stéréotypes de genre. Durant la vie active, il serait nécessaire de faciliter la reconversion des femmes vers ces métiers. Il s’agit aussi d’assurer aux entrepreneurs un accès équitable aux financements publics et privés, en fixant un objectif chiffré de 25 % de start-up financées en 2025 fondées ou co-fondées par des femmes.

Source : Dares, 2013.