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Édito

Douche écossaise

Édito | publié le : 01.06.2019 | Jean-Paul Coulange

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Douche écossaise

Crédit photo Jean-Paul Coulange

Le mois de mai a été cacophonique pour les organisations syndicales. Du 1er mai, où les syndicats, éclipsés par la violence des « gilets jaunes », ont défilé en ordre dispersé, à l’échec de la journée d’action du 9 mai dans la fonction publique, pourtant organisée par la totalité des fédérations de fonctionnaires, les nuages s’accumulent sur la tête des partenaires sociaux. Certes, quelques signaux sont positifs : Matignon a remis dans le jeu les corps intermédiaires, conviés pour le coup d’envoi de la « mobilisation nationale pour l’emploi, les transitions écologiques et numériques », un sommet aux faux airs de conférence sociale et écologique. Un seul absent, la CGT, en pleine préparation de son 52e congrès. Début mai, patronat et syndicats se sont entendus sur le dossier des retraites complémentaires, la CGT persistant dans son refus de signer les accords au niveau interprofessionnel. Y compris sur un dossier paritaire comme celui-ci, l’accord comportant des avancées comme le dégel des pensions et l’exemption du malus de 10 % pour les chômeurs en fin de droits et les salariés en incapacité. Là encore, le calendrier ne plaidait pas en faveur d’un paraphe cégétiste, le syndicat dirigé par Philippe Martinez étant trop accaparé par ses querelles intestines. Le quitus modeste obtenu par le secrétaire général sortant à Dijon et les signaux envoyés par les congressistes à la Fédération syndicale mondiale, une organisation proche des partis communistes, n’augurent rien de bon pour la sérénité du dialogue entre les confédérations dans les mois à venir.

Pourtant, dans un paysage syndical soumis au régime de la douche écossaise, il y a des nouvelles qui méritent d’être commentées. Ainsi, un projet de rupture conventionnelle collective portant sur 3 000 départs chez Carrefour a-t-il été avalisé par deux organisations syndicales – FO et la CFE-CGC –, représentant 53 % des voix aux élections professionnelles. Moins de deux ans après son arrivée aux commandes du géant de la grande distribution, Alexandre Bompard a mené tambour battant la transformation du groupe, tout en sacrifiant aux règles du dialogue social et de l’accord majoritaire. On peut penser ce qu’on veut de sa méthode. Il n’empêche qu’à l’heure où les anciens dirigeants de France Télécom doivent répondre des dégâts causés par une restructuration à la hache dans le secteur des télécommunications, on est en droit de préférer le dialogue au forceps.

Auteur

  • Jean-Paul Coulange