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Guillaume Gestas : Un nouveau leader pour lespilotes d’Air France

Actu | Eux | publié le : 01.02.2019 | Nathalie Tran

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Une page syndicale se tourne à Air France. L’arrivée de Guillaume Gestas, à la tête du Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL), laisse présager le retour à un dialogue social apaisé. Le nouveau président, élu avec deux tiers des voix par le comité syndical, incarne en effet la volonté d’un changement de cap. Pilote de ligne au sein de la compagnie aérienne tricolore depuis 2001, ce commandant de bord de Boeing 737 en détachement depuis deux ans au sein de Transavia, la filiale low cost d’Air France, sans véritable expérience syndicale, appartient à la branche « constructive » du SNPL. « Le rôle du syndicat corporatiste de pilotes doit être d’accompagner au mieux notre groupe dans son développement, en étant à l’écoute des projets de notre nouvelle direction, tout en garantissant l’intérêt des pilotes… Nos principales préoccupations seront l’amélioration de la qualité de notre contrat social et le développement de notre compagnie, en prenant en compte toutes les entités du groupe », a-t-il déclaré peu de temps avant son élection. Un discours mesuré, qui contraste avec l’attitude conflictuelle adoptée jusqu’ici par son prédécesseur, Philippe Évain, dont les quatre années de mandat ont été marquées par un blocage systématique des négociations et par des grèves à répétition. Désavoué par ses pairs lors des dernières élections au conseil syndical, dont le taux de participation record a dépassé les 80 %, le représentant de la ligne dure du syndicat, porte-parole de la grève intersyndicale pour les salaires du printemps dernier, n’a recueilli que 516 voix sur 1 894, et s’est retrouvé 41e sur 48 élus. Une défaite cuisante, qui acte l’intention du premier syndicat de pilotes d’Air France de tirer un trait sur le conflit social, dont les quinze journées de grève, de février à mai, ont fait perdre 335 millions d’euros à la compagnie aérienne en 2018 et amené le directeur général, Franck Terner, et le directeur des relations humaines, Gilles Gateau, à démissionner.

Alors qu’une majorité de syndicats représentatifs (CFDT, CFE-CGC, Unac, FO, SNPNC, Spaf, Unsa-aérien) avait signé, en octobre dernier, l’accord mis sur la table par Ben Smith, le nouveau directeur général de la compagnie, prévoyant une augmentation générale de 4 % pour tous les personnels de l’entreprise répartie sur 2018 et 2019, et une négociation annuelle obligatoire (NAO) en octobre 2019, l’ancienne direction du SNPL avait refusé de le ratifier. En plus de la hausse accordée, l’équipe sortante demandait, par ailleurs, une revalorisation de 4,7 % des salaires des pilotes d’Air France.

L’intransigeance dont faisait preuve celui que Laurent Berger avait qualifié de « Lider Maximo », en référence à Fidel Castro, lui reprochant d’entraîner « Air France vers le fond » et d’« instrumentaliser un certain nombre de salariés au sol », n’est plus à l’ordre du jour. Guillaume Gestas, soucieux de se recentrer sur les revendications des pilotes, privilégie l’ouverture. Et c’est face à une direction fraîchement remaniée, avec l’arrivée d’Anne Rigail aux commandes de la compagnie nationale, en décembre dernier, que cet ingénieur de formation de 44 ans se retrouve aujourd’hui à la table des négociations, entouré d’une équipe elle aussi récemment constituée.

Du sang neuf, de part et d’autre, pour aborder la discussion sur les augmentations salariales catégorielles sous un nouveau prisme !

Guillaume Gestas : Président du SNPL Air France

2001

Pilote de ligne à Air France

2017

Détaché au sein de Transavia France

2018

Président du SNPL

Auteur

  • Nathalie Tran