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Le reclassement, un accompagnement d’urgence

À la une | publié le : 01.02.2019 | Lucie Tanneau

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Le reclassement des salariés licenciés est l’une des formes d’accompagnement prévues en France, notamment dans le cadre des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE). Pour Valérie Garau, directrice du cabinet Anthéa, qui a participé au reclassement des salariés de Boch ou de Virgin, c’est une étape qui permet de se projeter rapidement vers la suite du parcours.

L’intervention des cabinets de reclassement est une mesure obligatoire lors des PSE. Comment garantir un accompagnement personnalisé à chaque salarié licencié ?

Valérie Garau : L’entreprise qui licencie doit s’assurer du reclassement des salariés, là est l’obligation. Elle met à disposition des intervenants qui peuvent les aider. Nous intervenons en tant que personnes neutres et nous avançons par étapes, en confiance avec les gens. Nous devons analyser les personnes que l’on nous confie, le bassin d’emploi, les possibilités. C’est différent d’accompagner des gens qui travaillaient en usine dans le fin fond de la Somme ou des cadres high-tech en Île-de-France. Il faut adapter la mission à chaque fois.

Souvent la mise en place des cabinets prend du temps et elle ne dure que douze mois en moyenne. Or, le temps est précieux dans le retour à l’emploi…

V. G. : Pour chaque mission, on a un timing avec l’idée d’un retour à l’emploi le plus rapide possible. Mais travailler avec une personne sur son projet peut commencer par une formation. Nous rencontrons les personnes le plus tôt possible, parfois même avant la lettre. Nous présentons le dispositif, nous proposons des rendez-vous, et nous travaillons ensuite individuellement sur le parcours professionnel de chacun pour voir les axes et les cibles possibles. Nous n’imposons rien, mais nous apportons une expertise du marché du travail. Nous pouvons déconseiller à une personne de changer de voie si elle est à trois ans de la retraite et si elle n’a pas les qualifications adaptées… Nous faisons aussi le lien avec Pôle emploi pour ne pas laisser la personne démunie à la fin du PSE, si elle est toujours en formation par exemple.

On évoque le chiffre de 15 % de reclassements en CDI suite aux PSE, mais il n’existe pas de chiffres sur l’efficacité à long terme. Comment être sûr que l’accompagnement fonctionne ?

V. G. : Cela nous frustre aussi. Avant la RGPD, nous faisions des études. Beaucoup de personnes ne répondaient pas car elles voulaient tourner la page. Mais quand nous avons reclassé quelqu’un ou permis une formation, c’est une réussite. Après, tous les PSE ne disposent pas des mêmes moyens… Mais notre intervention donne aux gens les outils pour rechercher du travail. Nous avons refait leur CV, nous nous sommes entraînés aux entretiens, nous avons vu les dispositifs existants… Nos conseillers suivent généralement 30 à 40 personnes, ce qui est beaucoup moins que ceux de Pôle emploi. C’est vrai que nous ne disposons pas de données précises, mais l’accompagnement est réel. Il permet à la personne de se projeter ailleurs, d’où l’intérêt de commencer le plus tôt possible.

Auteur

  • Lucie Tanneau