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Garantie jeunes… Help !

Actu | A suivre | publié le : 03.04.2016 | Emmanuelle Souffi

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Les syndicats étudiants y ont vu une entourloupe. Et l’opposition, des dépenses en plus. Contraint à lâcher du lest pour éteindre l’incendie allumé par le projet de loi El Khomri, le gouvernement a sorti de son chapeau la généralisation de la garantie jeunes, expérimentée dans une soixantaine de départements. Si son extension était demandée depuis longtemps, par l’Unef notamment, ce geste fort opportun n’est pas sans poser quelques soucis. De financement d’abord.

Près de 600 millions

100 000 décrocheurs de moins de 26 ans doivent être concernés cette année. Ils percevront 461 euros par mois en échange de formations et de missions. François Rebsamen, ex-ministre du Travail, l’avait déjà annoncé en 2015 pour un coût de 256 millions d’euros. La nouveauté, ce sont les 100 000 à 150 000 nouvelles entrées cette année. L’addition devrait avoisiner les 600 millions d’euros, en partie financés par des fonds européens. Voire près de 2 milliards d’euros si les 900 000 jeunes en très grande précarité et éligibles au dispositif décident d’y recourir. Ce que Myriam El Khomri a balayé d’un revers de main, arguant du fait que beaucoup préfèrent se tourner vers des contrats aidés. Autre écueil : les moyens dédiés aux missions locales. Car ce sont elles qui gèrent le suivi personnalisé. Par groupes de 15 pour deux formateurs, les jeunes sont formés durant six semaines aux codes du monde du travail. Doubler l’accueil sans étoffer les effectifs ne peut se faire qu’au détriment du « cousu main », qui était pourtant l’essence même de la garantie. Sur le terrain, les missions sont déjà surchargées.

Même si l’État débloque des crédits supplémentaires, les communes vont devoir aussi se mobiliser pour libérer des mètres carrés. De nombreuses structures sont déjà contraintes aujourd’hui de louer des locaux faute de surfaces suffisantes pour assurer le suivi collectif.

Auteur

  • Emmanuelle Souffi