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Tableau de bord

ZOOM Le système « sociofiscal » est moins redistributif

Tableau de bord | publié le : 01.12.2011 | Pierre-David Labani

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Contribution à la réduction des inégalités de niveau de vie (en%)

Crédit photo Pierre-David Labani

Le système « sociofiscal » français, constitué des prestations sociales et des prélèvements, est censé réduire les inégalités de niveau de vie. Avant son intervention, les revenus des 20 % les plus aisés (53 600 euros par an) sont 7,2 fois plus élevés que ceux des 20 % les plus modestes (7400 euros annuels). La redistribution induite par ce mécanisme ramène cet écart à 3,9. Les prestations sociales contribuent pour près des deux tiers à cette baisse. Parmi elles, les prestations familiales (26 %), les allocations logement (19 %) et les minima sociaux (17 %) opèrent les transferts les plus importants. Les prélèvements réduisent pour un tiers les écarts de niveau de vie, en très grande partie par l’impôt sur le revenu (22 %, hors prime pour l’emploi). Mais, selon l’Insee, l’efficacité redistributive du système sociofiscal français s’est effritée au cours des vingt dernières années, les réformes fiscales et sociales ayant modifié et affaibli les canaux traditionnels de redistribution. Les prélèvements sociaux jouent un rôle plus important qu’auparavant dans la réduction des inégalités, au détriment des prestations sociales et de l’impôt sur le revenu.

Les réformes successives de ce dernier l’ont rendu moins progressif : il réduit relativement moins les inégalités. Les prestations sociales, souvent revalorisées en fonction de l’inflation, ont évolué moins vite que les revenus : l’érosion relative de leurs montants diminue leur capacité à réduire les ­inégalités. En revanche, la montée en charge de la CSG et de la CRDS, assises sur une assiette d’imposition plus large ­incluant les revenus du patrimoine, a renforcé la progressivité des prélèvements sociaux et leur rôle dans la réduction des inégalités.

Contribution à la réduction des inégalités de niveau de vie (en%)
La population en emploi a changé entre 1999 et 2007

Moins de non-salariés dans l’emploi total ; plus de cadres et de techniciens salariés et moins d’ouvriers : tels sont les principaux changements re­levés chez les personnes en emploi par l’Insee entre 1999 et 2007. Parmi les non-salariés, le développement des activités d’expertise et de conseil n’enraye pas le recul des artisans, commerçants, agriculteurs et chefs d’entreprise. Côté salariés, le poids plus important des cadres et des techniciens va de pair avec le développement de la sous-traitance et des activités de contrôle qualité. La part des ouvriers diminue en lien avec celle de l’industrie dans l’emploi total. Enfin, la situation des employés illustre, d’une part, le développement des nouvelles technologies qui réduit la part des employés administratifs dans le public et le privé et, d’autre part, l’essor des services à la personne, qui dope les emplois de services directs aux particuliers.

Part dans l’emploi en 2007 (en%)
Les jeunes sont plus instables dans l’emploi

Selon une étude du ministère de l’Économie et des Finances, les difficultés d’accès à l’emploi ne sont pas plus fortes pour les jeunes Français que pour leurs aînés d’âge médian. Mais elles comportent des spécificités : ils conservent leur emploi moins longtemps ; l’alternance entre chômage et contrats courts est plus fréquente et a un effet ambivalent. Les contrats de courte durée peuvent favoriser l’accès à un emploi stable, mais leur succession sur une période longue peut rendre plus difficile la stabilisation dans l’emploi. Enfin, l’accès au premier emploi se fait souvent au prix d’un déclassement (acceptation d’un emploi moins qualifié que celui auquel le jeune peut prétendre). À court terme, ce déclassement conduit à l’éviction des moins diplômés. Et à plus long terme, il accroît l’instabilité dans l’emploi, les jeunes déclassés cherchant rapidement un autre emploi.

Taux de chômage des jeunes (15-24 ans) (en %)

Auteur

  • Pierre-David Labani