Une convention sociale chez Thales

Direction et syndicats ont fini par s’entendre pour actualiser l’accord sur les dispositions sociales de Thales, après plus de six mois de négociations. Le 29 mars, ils devaient signer la modification de la convention sociale établie en 2006. À l’origine, elle permettait aux 33 000 salariés de Thales France de bénéficier, l’heure de la retraite venue, soit de l’allocation de départ, soit de l’indemnité légale de licenciement, plus favorable pour les salariés ayant plus de vingt ans d’ancienneté. L’idée était donc de supprimer la deuxième option, en valorisant l’allocation de départ à la retraite. Avec le nouveau barème, on passe donc de 7,25 mois à 8 mois de salaire comme pécule de départ au bout de quarante ans d’ancienneté. La CFTC, la CFDT qui réclamait 8,5 mois, et la CGT, 9 mois, se disent « déçues » que la négociation n’ait pas été plus loin sur ce plan-là.

Mais ces syndicats ont tout de même accepté de signer la convention sociale car, en contrepartie, la direction a fait des concessions sur deux autres points. D’abord, elle prévoit la mise en place d’unepriseen charge par les actifs de Thales d’une partie de la complémentaire santé des retraités du groupe pendant cinq ans. Pour les jeunes retraités, le tarif oscillera entre 60 et 90 euros par mois pour un contrat individuel ou familial. Un système de solidarité intergé­nérationnelle, porté par la CGT et la CFDT, pour le moins novateur. « De plus en plus de retraités ne peuvent pas se payer de mutuelle », argue Didier Gladieu, de la CFDT, syndicat majoritaire chez le géant de l’électronique de défense. « À terme, nous espérons pérenniser le mécanisme à vie », anticipe Laurent Trombini, de la CGT. Autre avancée, la prise en charge par le groupe de la différence entre le salaire et l’indemnisation basée sur le plafond de la Sécurité sociale accordée pour le congé paternité, pendant cinq jours ouvrés.