Rassurer les parents

Afin de neutraliser les effets des congés « liés à l’enfant » sur la carrière, Areva France a généralisé depuis un an des entretiens pré et postcongés entre le salarié et son manager. Découlant des accords « égalité professionnelle » signés en 2006 dans les deux principales filiales d’Areva (NP et NC, soit 85 % des 48 000 salariés du groupe), ces rendez-vous sont pris en compte dans l’évaluation du manager et encadrés par un mode d’emploi très précis.

En pratique, les documents présentent les thèmes à aborder : comment et par qui le travail sera-t-il assuré pendant le congé ? Quels sont les dossiers sensibles et les dates de retour envisagées ? « La personne sur le départ est aussi encouragée à aborder ces questions avec ses collègues », commente Philippe Thurat, directeur de la ­diversité et de l’égalité des chances chez Areva. Viennent ensuite les modalités de contact. Coupure totale avec l’entreprise ou envoi d’informations régulières pendant le congé ? Le guide traite aussi du retour, question clé à l’issue d’un congé parental qui peut s’étaler sur un à deux ans. « En amont du retour en poste, l’entretien permet d’évoquer l’évolution des dossiers, de l’organisation, de l’aménagement du poste, voire des besoins en formation », reprend le responsable. Ces éventuelles demandes sont ensuite envoyées à la DRH.

Il est encore tôt pour connaître l’impact de la démarche. « Nous réaliserons une enquête interne d’ici à deux ans », explique Philippe Thurat. Pour le personnel, les responsables RH d’Areva sont en tout cas bel et bien engagés sur le sujet. « En revanche, les managers opérationnels n’ont pas encore tous cette sensibilité, estime Maureen Kearney, secrétaire générale du comité d’entreprise européen. Certains organisent toujours des réunions le soir après 17 heures ou les mercredis, par exemple. »