Mesurer scientifiquement la qualité d’une carrière

Comment conjuguer flexibilité du travail et fidélisation des salariés ? « Deux notions cruellement antinomiques », convient Jean Pralong, titulaire de la chaire Nouvelles Carrières à Rouen Business School. Et pourtant, dans un contexte de compétition accrue et de pyramide des âges vieillissante, les entreprises seront de plus en plus tenues de faire le grand écart entre ces deux exigences. C’est la raison pour laquelle le centre de recherche de l’école normande a créé un département dédié à cette question. « Dans un environnement professionnel soumis a davantage de secousses qu’autrefois, la construction d’une carrière est devenue beaucoup plus complexe. Or aujourd’hui les étudiants ont une vision brouillée de leur parcours à venir », constate Jean Pralong.

L’enjeu de la gestion de ces « nouvelles carrières » a séduit Air France et LVMH qui ont apporté en pionniers leur soutien financier à l’ouverture de la chaire. « Les deux entreprises contribueront avant tout à la création de connaissances scientifiques nouvelles. Mais nous voulons établir un cercle vertueux entre la recherche, l’application dans les entreprises et les contenus de nos formations », explique le titulaire. Concrètement, le pôle de recherche vise la mise en place d’un indicateur de la qualité des carrières. « Il compilera des données de salaires, de nombre d’échelons hiérarchiques franchis, d’indices de satisfaction, d’accès à la formation… afin de juger si deux salariés ont des parcours de qualité comparable en dépit de leurs différences de spécialité, de sexe ou de formation. Les entreprises pourront alors repérer les discriminations et les gommer », détaille Jean Pralong. Dans un premier temps, les deux partenaires voudraient utiliser cet outil pour améliorer le parcours des handicapés dans leur entreprise.