L’Afpa toujours en alerte

Opération « centres morts » à l’Afpa le 7 avril. Les syndicats appellent à la grève pour interpeller leur direction générale. En février dernier, déjà, lecomitécentral d’entreprise votait le déclenchement d’une procédure de droit d’alerte en raison de « risques majeurs » pour l’organisme. « C’est la troisième ou quatrième fois », commente Alain Guillemot, secrétaire général de la CFDT Afpa. Selon les élus du CCE (CGT, CFDT, FO, SUD et CFE-CGC) qui l’ont votée à l’unanimité, « la situation économique et de l’emploi pour 2010 » et le « plan d’action et le projet de budget 2011 » transmis par la direction menacent le « fonctionnement, les missions et le personnel » de l’association.

Ces documents révèlent pour 2010 un déficit de 11,4 millions d’euros, un découvert de trésorerie permanent (plus de 50 millions d’euros) et « un déficit de l’emploi qui ne permet pas d’avoir les moyens de mener les activités », selon les syndicats. Ceux-ci notent en outre que le projet de budget 2011 « prévoit un résultat à – 8 millions d’euros » et « un découvert de trésorerie proche de celui de 2010 ». « Le déclenchement du droit d’alerte va permettre au CCE de poser une série de questions sur la situation financière, le recrutement des stagiaires et la ré­organisation de l’association », souligne Jacques Coudsi, secrétaire général de la CGT Afpa. La direction générale est tenue d’y répondre d’ici à la fin du premier semestre 2011. La procédure apparaît surtout comme un nouvel épisode dans les relations sociales tumultueuses de l’association. En toile de fond : le changement de statut de l’Afpa et la profonde réorganisation qui en découle. En effet, la fin programmée de la tutelle de l’État, la mise en œuvre du plan stratégique 2010-2014, le transfert de 913 personnes chargées de l’orientation des chômeurs à Pôle emploi ou les difficultés de recrutement des stagiaires (– 3,9 % en 2009) bousculent les représentants des 11 000 salariés. « Si on voulait mettre l’Afpa dans une situation de non-fonctionnement, on ne s’y prendrait pas autrement », fustige Jacques Coudsi.

D’autres brandissent le spectre d’un scénario à la France Télécom avec une montée des risques psycho­sociaux. Philippe Caïla, directeur général de l’Afpa depuis janvier 2009, n’a pas souhaité commenter le déclenchement de la procédure d’alerte. La direction fait valoir qu’elle entend privilégier le dialogue social en interne et se félicite de la mise en œuvre de son plan stratégique.