La parité à marche forcée

Les décrets instituant les pénalités financières pour les entreprises qui n’auraient pas signé d’accord sur l’égalité professionnelle devraient être publiés ce mois-ci ou, au plus tard, d’ici à la fin mai. Une étape déterminante, que Roselyne Bachelot et Xavier Bertrand se sont engagés à respecter pour faire avancer la parité. Après des années d’attentisme et de vains débats, les pouvoirs publics n’hésitent plus à brandir les sanctions financières et les quotas tous azimuts pour remédier aux inégalités de traitement entre les hommes et les femmes. Un volontarisme inédit poussé par une réalité très têtue – en 2010, la France est passée du 18e au 46e rang en matière de parité, selon le Forum économique mondial – et par l’activisme des femmes, qui mènent un lobbying de plus en plus efficace. La loi instaurant la mixité dans les conseils d’administration, qui a été promulguée dans la foulée de son vote à l’Assemblée, le 27 janvier 2011, prévoit la suspension des jetons de présence pour les administrateurs qui ne la respecteraient pas. Le gouvernement aura-t-il le même courage pour féminiser la haute fonction publique ? Dans son rapport, remis en janvier au président de la République, la députée Françoise Guégot (UMP) préconise un quota de 40 % de femmes parmi les dirigeants, pour que la féminisation élevée des trois fonctions publiques se prolonge jusque dans ses plus hautes sphères, pour l’instant très masculines. Du courage et de la volonté, il en faudra aussi pour que la question de l’extension du congé de paternité et de la mixité du congé parental dépasse le stade du débat, comme y invitait un récent colloque organisé par l’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises avec le Medef. Enfin, le Laboratoire de l’égalité incite les futurs candidats à la présidentielle à faire de la parité un enjeu clé de l’élection de mai 2012…