Cameron et le culte de la responsabilité

La réforme du régime britannique de prestations sociales est lancée. « Quand le système d’aide sociale est né, il y avait ce que l’on peut appeler une culture collective de la responsabilité, estime le Premier ministre, David Cameron. Celle-ci agissait comme un frein face aux abus. Soixante ans plus tard, cette responsabilité a en grande partie été perdue. »

Le projet dévoilé par Cameron mêle menaces et compromis. Un chômeur qui refusera un emploi « raisonnable » ou un travail gratuit en faveur de la communauté perdra ses prestations sociales pendant trois mois. S’il réitère ce refus au cours des douze mois suivants, il sera radié pendant six mois et, au bout du troisième refus, la suspension durera trois ans. En contrepartie, ce chômeur conservera entre 20 et 35 % de ses prestations lorsqu’il reprendra un emploi, alors qu’il perd à ce jour près de l’intégralité de ses droits. Cameron assure que 2,7 millions de foyers toucheront finalement un peu plus qu’aujourd’hui et que 1,7 million de foyers recevront moins sur le long terme. Les dépenses annuelles seront augmentées de 2,6 milliards de livres sterling (3 milliards d’euros), un bien pour un mal, selon lui, afin de créer « une nouvelle culture de la responsabilité ». Il précise cependant que ses propositions pourraient être modifiées lors des débats parlementaires à venir, comme sa décision de vendre les forêts nationales, annulée courant février après qu’il ait « écouté les inquiétudes des gens ». Faiblesse ou souci de l’opinion ? David Cameron poursuit sa route, entre l’intransigeance de la Dame de fer Margaret Thatcher et les largesses des travaillistes.