La CFE-CGC mène l'enquête chez PSA

Les baromètres sociaux ne sont pas l'apanage des directions d'entreprise. Les syndicats en usent également. La CFE-CGC de PSA Peugeot Citroën mène, ainsi, chaque année, une enquête auprès des Etam et cadres de tous les sites du groupe en France. « L'enquête salaires existe depuis une dizaine d'années et, au fil du temps, nous y avons ajouté des éléments d'un baromètre social », précise Michel Segura, DS CGC de PSA Mulhouse. « Nous faisions remonter des réponses qualitatives et des commentaires qu'il fallait prendre en compte », ajoute-t-il.

Connaître le ressenti

L'enquête sert au syndicat à étayer les arguments et les revendications lors des négociations. Celles sur les salaires, mais aussi celles sur les risques psychosociaux. Cette dernière a abouti, en octobre, à un accord signé, notamment, par la CGC. Pour 2009, les responsables syndicaux voulaient connaître « le ressenti par rapport à la crise et la situation de l'entreprise ».

Les constructeurs automobiles et leurs salariés figurent, en effet, parmi les premières victimes de la crise économique. Aussi l'enquête révèle-t-elle une vision pessimiste du climat social, partagée par plus des deux tiers des répondants. Le plan de relance de l'industrie automobile n'est jugé « suffisant pour passer le cap » que par 52,6 % des cadres et 51,2 % des Etam. Les DRH peuvent s'inquiéter. D'autant plus que près d'un quart des sondés doutent de la pérennité de l'entreprise. La direction, sollicitée, « ne souhaite pas s'exprimer sur les enquêtes menées par les syndicats ».

Personnalisable par chacun des sites

Chaque année, les DS centraux de l'entreprise et des sites élaborent le questionnaire. A partir de cette trame, chaque site peut ajouter ou modifier des questions. Faute d'être autorisés à faire une diffusion par voie électronique, les militants distribuent le questionnaire de la main à la main. Et les résultats font l'objet d'une publication dans les bulletins syndicaux. « Nous voulons avoir au minimum 20 % de réponses sur notre population. A Mulhouse, nous en avons obtenu 22 %, c'est symptomatique des tensions actuelles sur notre site », soupire Michel Segura.

Comment le «ressenti» est-il mesuré ? Par une série d'items sur les possibilités de mobilité, la considération accordée par la hiérarchie, les possibilités de formation ou d'évolution, les responsabilités, les conditions de travail, etc. Le tout avec des questions fermées permettant une exploitation statistique. Ainsi, sur l'information, plus de la moitié des sondés se déclarent mal ou plutôt mal informés sur la stratégie de l'entreprise. Et s'estiment mieux informés par les syndicats que par le service communication sur la situation économique. Le questionnaire propose également un classement des préoccupations et des commentaires libres. « Avec ces retours des collègues, nous savons ce qu'il faudrait pour améliorer leur état d'esprit, déclare Michel Segura. Mais, dans la situation économique actuelle, je ne suis pas certain que la direction y répondra positivement. »