Entre salariés et dirigeants, la crise de confiance se durcit

Avec la crise économique, la rupture entre salariés et dirigeants semble être consommée. Un sondage TNS Sofres réalisé pour Altedia auprès d'un échantillon de 1 005 salariés et publié le 30 novembre laisse entrevoir l'ampleur du ressentiment : six salariés sur dix estiment être « plutôt perdants » dans leur relation avec leur entreprise. Ils sont autant à considérer que leurs intérêts et ceux de leurs dirigeants ne vont pas dans le même sens.

Deux secteurs semblent cristalliser le mal-être : l'industrie, particulièrement touchée par la déception (50 %) et la méfiance (41 %), et la fonction publique d'Etat, où le déficit de confiance atteint un niveau inégalé (88 %).

« Dans ce contexte de rupture du lien entre employeurs et salariés, il n'est pas surprenant d'observer une ouverture importante aux modes de revendication forts, voire durs, qui va jusqu'à la compréhension à l'égard de l'emploi de la force, partagée par les deux tiers des salariés », soulignent les auteurs de l'enquête.

Malgré une opinion plus favorable à l'égard de leur situation et de leur organisation, près de la moitié des cadres (43 %) se rangent également du côté des partisans du recours à la force. Pour voir leurs revendications satisfaites, 49 % des sondés pourraient également se laisser tenter par la grève du zèle.

Maigre contrepoint : l'étude révèle qu'un salarié sur deux affirme s'épanouir dans son travail et que près des deux tiers (61 %) jugent leur niveau de stress acceptable. « Ces résultats sont nettement plus critiques que ceux que nous avions pu mesurer cet été dans une enquête «avant/après» la crise, estime TNS Sofres. La médiatisation actuelle de la souffrance au travail, suite aux suicides chez Orange, aurait-elle conduit à «cristalliser» ce mal-être, libérant ainsi la critique ? »