TROIS MOIS PAYÉS

Marcel Astuc, éditions Le Dilettante, 221 pages, 17 euros.

Rééditer ce livre, écrit au lendemain de la crise de 1929, est une bonne idée. Le narrateur, employé de bureau licencié pour cause de compression de personnel, avec seulement trois mois de salaire devant lui, parcourt Paris à la recherche d'un emploi et, surtout, d'une identité. L'auteur, en effet, a parfaitement saisi à la fois les fluctuations de l'estime de soi liées aux aléas économiques et cette manière, naïve et touchante, d'attendre son salut personnel de l'histoire collective, comme si la vie ne pouvait se réduire à faire simplement partie de la multitude anonyme. Un destin où l'on reconnaîtra sans peine les tribulations des précaires d'aujourd'hui.