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Enquête

Associer sécurité et santé au travail

Enquête | publié le : 13.10.2009 |

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En avril 2009, Areva a regroupé les fonctions sûreté, sécurité, santé et environnement au sein d'une seule direction à l'échelle de ce groupe spécialisé dans l'énergie nucléaire et la distribution d'électricité, dont les filiales industrielles, souvent classées Seveso, sont présentes dans 43 pays. Si une politique de sécurité préexistait, l'objectif est, désormais, de la marier systématiquement aux impératifs de santé au travail. « Nous voulons donner plus de lisibilité à toutes les actions que nous menons dans ces deux domaines sur chacun de nos sites, car celles-ci visent le même objectif de protection de l'homme au travail », précise le Dr Alain Acker, directeur médical du groupe Areva.

Politique globale

Avant la fin de l'année, cette nouvelle direction doit définir une politique globale santé/sécurité. L'an dernier, Areva a comptabilisé 300 accidents ayant nécessité un arrêt de travail. D'ores et déjà, sur tous les sites, « des réunions santé et sécurité se tiennent chaque semaine. De même, le comité HSE, qui se réunit tous les mois, veille à homogénéiser les pratiques. Nous n'avions pas de reporting dans ce domaine et nous pouvons, désormais, déployer des solutions qui ont été testées avec succès sur certaines de nos installations », poursuit Alain Acker. C'est ainsi que les produits toxiques ont pu être recensés sur tous les sites d'Areva, avec la volonté de les remplacer, quand c'est possible, par d'autres, moins dangereux.

Modules de formation

En termes de formation, des modules spécifiques consacrés à la maîtrise des risques (2 jours) sont proposés à tous les responsables et managers de site. De même que des modules sécurité et santé pour les chefs de projet. Quant aux opérateurs, ils suivent régulièrement des cursus de sensibilisation à la sécurité, notamment sur les dispositifs de radioprotection.

Autre impératif qu'Areva s'impose depuis 2007, l'amélioration des conditions de travail, avec les mêmes critères d'exigence d'évaluation des risques pour ses salariés que pour ceux de ses sous-traitants. L'ambition est d'appliquer la réglementation la plus contraignante. « Pour l'exposition aux rayonnements ionisants, par exemple, la législation française fixe un seuil de 20 milliSievert par an, alors que, dans d'autres pays, il est supérieur, comme aux Etats-Unis, où il est de 50 milliSievert. Areva applique la législation française et cherche à faire mieux, avec une moyenne au sein du groupe de 1,22 milliSievert », précise Alain Acker.

Pour les sous-traitants encore, des observatoires de la sécurité des entreprises extérieures permettent de faire des points réguliers sur les résultats des actions menées. Sachant que chaque nouveau prestataire fait l'objet d'une étude préalable de conformité par le service achats.

Points à améliorer

Depuis plusieurs années, le groupe renforce la prise en compte des facteurs organisationnels et humains dans la maîtrise des risques au quotidien, en impliquant l'ensemble de la ligne managériale et fonctionnelle. Pour Maureen Kearney, élue CFDT et secrétaire du comité de groupe européen d'Areva, « cette politique va dans le bon sens ». Il reste, cependant, des points à améliorer, notamment la communication en interne. Les informations doivent descendre à tous les échelons, jusqu'aux opérateurs de terrain, les plus concernés, car les plus exposés.

AREVA

• Activité : production d'énergie nucléaire et distribution d'électricité.

• Effectifs : 75 414 salariés dans le monde ; 34 700 en France.

• Chiffre d'affaires 2008 : 13,160 milliards d'euros.