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Les pratiques

Areva T & D lutte contre les TMS

Les pratiques | publié le : 30.06.2009 |

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En 2007, le médecin du travail constatait deux maladies professionnelles causées par des troubles musculo-squelettiques (TMS) sur le site industriel montpelliérain d'Areva T & D, et alertait, à la fois, la direction de l'établissement et la Cram Languedoc-Roussillon. Depuis, ce site, qui fabrique disjoncteurs et contacteurs pour le secteur industriel (110 personnes), s'est lancé dans une action de longue haleine contre les TMS, d'autant plus vitale que l'effectif permanent d'ouvriers et de techniciens vieillit : 72 % ont 40 ans ou plus ; 36 % ont au moins 45 ans.

Le directeur de l'établissement a engagé une démarche collective : d'une part, un comité de pilotage réunit des membres du CHSCT et de la direction, le médecin du travail et le coordinateur de la sécurité ; d'autre part, trois groupes sont chargés d'étudier les postes de travail à risque et de proposer un plan d'action. « Chaque groupe, sous la responsabilité d'un pilote, est composé d'un ouvrier et de deux personnes connaissant le poste de travail à analyser, précise David Martin, responsable des méthodes et des moyens industriels. Pendant trois mois, il se réunit trois heures par semaine. »

En 2008, trois groupes ont, ainsi, analysé trois postes de travail : le précâblage, la réception et le montage, selon la méthode «Rithms», qui consiste à observer et à interroger les ouvriers pour décomposer très précisément les gestes et identifier les facteurs de risque. La Cram Languedoc-Roussillon a formé douze référents à cette méthode, tandis qu'une infirmière formait quatre opérateurs à la prévention des risques liés à l'activité physique (Prap) pour qu'ils soient conscients de leurs gestes, de leurs postures, et puissent, eux-mêmes, les analyser. « La synergie entre les deux formations est essentielle », explique Thierry Suau, contrôleur de sécurité à la Cram Languedoc-Roussillon, qui accompagne la démarche.

Réaménagement des postes

Les trois postes visés ont été réaménagés. Progressivement, les postes similaires dans l'usine le sont également. Par exemple, au précâblage, le sertissage a été automatisé, les plateaux ont été relevés pour que les ouvriers n'aient plus besoin de se pencher, et l'ensemble du travail a été réorganisé pour diminuer les gestes répétitifs et le stress. Le nombre d'opérations par jour et par opérateur est tombé de 940 à 330.

Personnel motivé

Thierry Suau, et Françoise Long, médecin du travail, ont observé « de réelles améliorations sur les postes modifiés, même s'il reste beaucoup à faire dans l'établissement ». « Il y a moins de mouvements répétitifs et d'efforts à fournir », constate Thierry Suau. « Une opératrice, en arrêt pour maladie professionnelle, est revenue depuis six mois sur son poste réaménagé. Elle va bien », relate Françoise Long. « Et tout le monde a participé, souligne-t-elle, c'était essentiel. » « Le personnel est motivé », affirme la direction, qui a constaté « une augmentation de la productivité », un résultat qu'elle n'avait pas spécialement recherché. En 2009, trois nouveaux chantiers «Rithms» sont ouverts, sur des postes d'assemblage et de contrôle.