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Un accès web ouvert à tous, mais filtré

Enquête | publié le : 30.06.2009 |

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Outils bureautiques, messagerie, intranet... Et Internet. L'accès au web fait désormais partie intégrante du «pack» de base des quelque 800 postes informatiques du conseil général des Alpes de Haute-Provence. « L'utilisation du Net est devenue indispensable dans un cadre professionnel, commente le DSI Laurent Battut. En 2007, les deux tiers de nos agents étaient, d'ores et déjà, connectés. La direction a estimé qu'il était intéressant de généraliser les accès. »

Se protéger des dérapages

Un simple déploiement technique ? Tant s'en faut. Outre les problèmes de sécurité, ce type de projet implique de s'intéresser de près aux usages des collaborateurs. Autant pour se protéger des dérapages sur un plan juridique que pour maintenir la performance des connexions. D'où la décision de la collectivité territoriale de se doter d'un outil de filtrage lui permettant de maîtriser ces deux problématiques.

« La responsabilité de l'employeur est engagée en cas d'utilisation illicite d'Internet sur le lieu de travail », insiste Laurent Battut. Jusqu'alors, la DSI traitait le problème a posteriori, avec des moyens de supervision lui permettant de remonter jusqu'aux éventuels fautifs. « Notre objectif était, cette fois, de nous prémunir en amont contre les usages illicites ou déviants, en restreignant le champ des incursions sur la Toile aux seuls sites professionnels. »

Pour préserver la qualité de service, il est également convenu de réserver à quelques personnes autorisées les visites de sites particulièrement gourmands en bande passante (consultations de ressources audio et vidéo, téléchargements). Dans le cadre d'un marché à procédure adaptée (Mapa), le conseil général opte pour la suite complète de l'éditeur français Olfeo, plus au fait de la législation hexagonale que ses concurrents anglo-saxons.

Présentation aux représentants du personnel

Fin septembre 2007, le projet d'ensemble (ouverture et filtrage) est présenté en comité technique paritaire (CTP) aux représentants du personnel. Problème : ces derniers réclament la possibilité pour les agents de surfer, à l'occasion, sur des sites non professionnels. L'autorisation est finalement accordée lors d'un second CTP, en février 2008, dans des tranches horaires bien définies (12 h 30-14 h et 17 h 30-19 h 30).

Actions de communication

Mais il n'est pas question de précipiter les choses. « Nous avons d'abord mené différentes actions de communication auprès des agents, à la fois sur l'intranet et par le biais de dépliants, pour expliquer le projet, détailler les aspects juridiques et les fonctionnalités de l'outil », raconte Laurent Battut. La nouvelle organisation entraîne, de fait, une évolution de la charte informatique rédigée quelques années plus tôt. Une déclaration auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) se révèle également nécessaire. « Avec cette application, nous filtrons les accès, mais nous disposons aussi d'une traçabilité des connexions individuelles », explique-t-il.

Après s'être familiarisée avec le maniement de l'outil sur deux petits sites pilotes, la DSI attend la toute dernière version du produit pour procéder, à partir de juin 2008, à son déploiement technique grandeur nature. Le paramétrage est effectué de manière progressive, service par service, en fonction des spécificités de chacun d'entre eux. De quoi ajuster au mieux le filtrage des URL (adresses Internet) aux besoins des agents concernés. « L'accès aux sites bancaires n'est pas autorisé par défaut, mais il est indispensable aux services financiers », illustre Laurent Battut.

Une démarche concertée

A chaque étape, la direction informatique se donne une quinzaine de jours pour réajuster le tir. « Même après la période de test, nous avons eu des demandes d'ouverture sur d'autres sites, que nous avons acceptées sous réserve d'une validation du chef de service. » Une démarche concertée qui, selon le DSI, a été plutôt bien perçue par les principaux intéressés. Et qui s'est achevée, comme prévu, en décembre dernier.

DE HAUTE-PROVENCE

• Activité : collectivité territoriale.

• Effectifs : 1 100 agents (dont 800 équipés d'un poste informatique).

• Budget 2009 : 237,6 millions d'euros.