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14 % des entreprises dépassent le quota de 6 %

Enquête | publié le : 12.05.2009 |

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14 % des entreprises dépassent le quota de 6 %

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Quel est le taux d'emploi «direct» des personnes handicapées dans les entreprises de plus de 20 salariés ? «Direct», cela veut dire : à l'exclusion des contrats de sous-traitance avec les organismes du secteur protégé (entreprise adaptée, établissement ou service d'aide par le travail, etc.). Il est de 2,9 % en 2007, selon les résultats d'une enquête menée par l'Agefiph et le Credoc, fin 2008 (1). Mais 36 % des établissements n'ont aucun travailleur handicapé, et 14 % dépassent le quota de 6 %. « Le taux est passé de 2,7 % à 2,9 %, c'est la même progression qu'avant la loi de 2005 : 0,2 % par an », analyse Pierre Blanc, directeur de l'Agefiph.

Plus précisément, le taux d'emploi varie avec la taille de l'établissement : il est plus élevé dans ceux de 100 à 249 salariés, avec un niveau moyen de 4,2 %. Il varie également selon le secteur d'activité : il est plus élevé dans l'industrie (3,4 %), et plus faible dans le commerce (1,8 %).

Près des deux tiers des établissements de plus de 20 salariés emploient des personnes handicapées : pour 48 %, leur nombre a été stable ou en baisse en 2007, et, pour 16 %, il a augmenté dans la même période.

Enorme retard

Mais l'Agefiph pointe l'énormité du retard : 20 % des établissements n'emploient aucune personne handicapée et n'en ont jamais embauché, et 16 % n'en emploient pas mais en ont intégré dans le passé. Sur la seule période des trois années de l'enquête (2005-2006-2007), l'Agefiph et le Credoc constatent que 53 % des établissements n'ont eu aucun nouveau travailleur handicapé, que 23 % ont embauché une personne handicapée mais n'ont eu aucune reconnaissance en cours d'emploi, que 14 % ont eu des reconnaissances en cours d'emploi mais n'ont pas embauché de salarié handicapé, et que seuls 10 % des établissements de plus de 20 salariés ont à la fois embauché et eu des reconnaissances de travailleur handicapé.

2 % des embauches

Si, durant ces trois années, quasiment tous les établissements ont embauché du personnel (95 %), seul un sur trois a recruté du personnel handicapé. Cela ne représente, ainsi, que 2 % de l'ensemble des embauches.

Le manque de candidatures, l'inadéquation des compétences avec les postes à pourvoir, la crainte de coûts supplémentaires et d'une productivité plus faible, l'idée que les postes de l'entreprise sont inadaptables aux salariés handicapés (postes dangereux ou exigeant trop de polyvalence), leur faible connaissance des opérateurs d'insertion et de maintien, ainsi que la crainte du handicap psychique sont les freins évoqués par les entreprises.

La principale aide souhaitée est de disposer de davantage de candidatures (50 %), puis de bénéficier de conseils (38 %), d'aides financières (18 %) et, enfin, de tutorat (12 %).

(1) Etude Agefiph-Credoc auprès de 1 511 établissements de 20 salariés et plus du secteur privé, suivie d'entretiens qualitatifs auprès de 15 établissements sur les freins et les leviers à l'emploi des personnes handicapées et sur leur perception du handicap, et rendue publique en janvier 2009 dans la lettre des études de l'Agefiph.

Politique volontariste ?

Les établissements qui ont embauché du personnel handicapé sont, le plus souvent, ceux qui connaissent les aides à l'emploi, ceux qui ont mis en place une politique volontariste envers ce public, et ceux qui ont une bonne connaissance des acteurs de l'insertion des travailleurs handicapés, tels que les Cap emploi, résume l'étude Agefiph-Credoc. Mais cette dernière note que « seuls 32 % des établissements interrogés déclarent avoir mis en place une politique ou une démarche particulière pour employer ou maintenir dans l'emploi des personnes handicapées. Pour les deux autres tiers, il s'agit, généralement, d'un concours de circonstances ». La mise en place d'une démarche volontariste est très corrélée à la taille de l'établissement : 40 % des 50 salariés et plus sont concernés, contre 28 % des moins de 50 salariés.

Maintien dans l'emploi

Dans près de la moitié des cas, cette démarche concerne le maintien dans l'emploi des personnes handicapées, ou se traduit par des objectifs d'embauche. Sont également visées la sensibilisation ou la formation de tout ou partie du personnel à l'emploi de personnes handicapées (36 %), des objectifs de sous-traitance (33 %), la désignation d'un référent handicap (15 %) ou la signature d'un accord (14 %).

L'embauche de salariés handicapés, en 2007, a fait, le plus souvent, suite à une offre d'emploi à laquelle une personne handicapée a répondu (45 % des cas) ou à une candidature spontanée (39 %). Des professionnels de l'emploi sont intervenus dans 28 % des cas. « Même si l'entreprise a une politique volontariste, elle dépend de l'initiative et de la qualité des candidatures des travailleurs handicapés », analyse l'Agefiph.

L. G.

Des personnes comme les autres

Les personnes handicapées sont des personnes «comme les autres», pour près des trois quarts des entreprises interrogées, sous réserve que les postes soient aménagés afin d'optimiser leurs compétences. « Cette vision professionnellement positive peut être interprétée comme une diminution des préjugés des employeurs, mais aussi comme un discours de convenance visant à nier la différence. Elle est donc à considérer avec précaution », prévient l'Agefiph.

L'«usure» handicape

65 % des travailleurs handicapés employés au moment de l'enquête ont été embauchés en tant que personnes handicapées ; 35 % ont été reconnus handicapés en cours de carrière. La part des salariés devenus handicapés est plus élevée dans l'industrie et la construction, du fait, notamment, de l'incidence des accidents du travail et de l'«usure» professionnelle des salariés.

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