Les entreprises mal préparées au défi démographique

Les entreprises sont-elles préparées à faire face à l'allongement de la vie professionnelle ? Pas vraiment, selon l'Institut Adecco, qui a mené une étude auprès de 2 500 entreprises dans cinq pays d'Europe. Plus précisément, cet institut a élaboré un index, baptisé DFX pour Demographic Fitness Index, dont le but est de mesurer le degré de préparation des entreprises dans cinq domaines clés que sont la gestion de carrière, la formation tout au long de la vie, la santé, le knowledge management et la diversité des âges.

Plus qu'un diagnostic des âges

Comme le précise Pascale Levet, du Lab'ho, institut de recherche français d'Adecco, « la stratégie démographique des entreprises ne doit pas se limiter au diagnostic de l'âge ». Cet index mesure le travail accompli par les entreprises sur une échelle de 100 à 400. Verdict : le premier DFX est de 183 points. Deux tiers des entreprises (81 % des françaises) n'ont pas obtenu plus de 200 points, ce qui montre la marge de progression possible ! Ainsi, seules 31 % des sociétés interrogées en Europe ont réalisé une analyse approfondie de leur pyramide des âges. En France, 39 % disposent d'une analyse de leur structure d'âge globale, quand 28 % n'en ont aucune. Par ailleurs, 50 % ont réalisé une analyse de leur structure d'âge par services, et 39 % par fonctions.

En matière de gestion de carrière, rares sont les entreprises qui offrent une gamme suffisamment large d'outils dédiés, et peu nombreux sont les salariés qui s'en servent.

Formation tout au long de la vie

En revanche, 77 % des entreprises réalisent des analyses de besoins individuels de formation (74 % en France). Egalement mobilisateur : le thème de la diversité des âges, même si ce n'est pas la panacée. Ainsi, une majorité d'entreprises disposent d'outils nécessaires à l'égalité de traitement entre jeunes et moins jeunes. Mais elles sont rares à avoir développé des outils complémentaires comme la mise en place de collectifs de travail de tous âges (66 % en France), de programmes de mentoring (37 % en France) ou d'ateliers de sensibilisation à la diversité (6 % en France).

En termes de connaissances, chacune est consciente de l'expertise technique nécessaire au poste de travail. Pour autant, 70 % n'ont pas évalué le risque de perte de savoirs suite au départ des salariés et/ou ignorent qui possèdent les informations critiques pour l'entreprise.

Reste la santé des salariés, dont peu d'entreprises se sont emparées, en particulier en France. Elles se limitent, ainsi, aux obligations légales comme les contrôles réguliers de santé au travail. Pour Pascale Levet, c'est une certitude : « La question de la santé n'est pas encore un sujet de gestion et de capital humain. On devra pourtant y parvenir. »