Mondialisation et délocalisation des entreprises, El Mouhoub Mouhoud, La Découverte, 130 pages, 7,95 euros.
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Contrairement au ton adopté par certains médias qui stigmatisent «les horreurs» de la mondialisation, les économistes dressent un tableau plus nuancé du phénomène. La mondialisation détruit bien des emplois au niveau microéconomique et local, mais le phénomène, sur le long cours, devrait être compensé au niveau macroéconomique.

Localement, en Europe de l'Ouest et aux Etats-Unis, il n'est pas sûr, de toute façon, que les emplois délocalisés auraient survécu à la compétition internationale. D'autre part, les délocalisations permettent d'améliorer, à terme, la productivité, l'efficacité et la croissance. Si cette compensation semble résoudre le débat théorique, elle ne peut, bien sûr, satisfaire ni les travailleurs ni les territoires concernés, qui raisonnent forcément à court terme.

L'objectif d'El Mouhoub Mouhoud est de clarifier les débats par une présentation des différentes logiques en présence. L'ouvrage analyse également le paradoxe de la mondialisation : destruction des emplois par les entreprises mêmes qui tirent l'économie mondiale.

La première partie propose une analyse empirique et une explication théorique du phénomène ; la seconde s'intéresse aux conséquences : impacts sur l'emploi, le commerce, la spécialisation des pays. L'auteur s'arrête, notamment, sur la mondialisation des activités de recherche et développement, et de connaissances en général, et pointe ses effets sur les spécialisations technologiques des nations et des régions.

- El Mouhoub Mouhoud est professeur d'économie à l'université de Paris-13 et directeur du Centre d'économie de l'université Paris-Nord (CNRS).