S'abonner
Se connecter
Menu
Liaisons sociales magazine Entreprise & Carrières
Newsletter

Magazines

Les Pratiques

IBM se passera de tests génétiques sur ses salariés

Les Pratiques | Expériences & Outils | publié le : 08.11.2005 | Caroline Talbot, à New York

Crédit photo

C'est clair et net : la direction d'IBM s'interdit l'usage des tests génétiques pour ses salariés au moment de l'embauche ou en cours de carrière, pour décider quelle assurance santé adopter. Les nouveaux tests, mis au point par les start-up de la biotechnologie, aident en effet à déceler des prédispositions particulières pour certaines maladies ou des risques professionnels. Mais le Pdg d'IBM, Samuel Palmisano, a décidé de s'en priver et a envoyé un courriel à ses 320 000 salariés : « Le monde détient l'opportunité d'améliorer la vie au cours de ce siècle grâce à la médecine personnalisée et préventive, issue de la science du génome... Mais il faut protéger le patrimoine génétique de chacun. »

Préservation de ses marchés

A Harriet Pearson, en charge de la vie privée chez IBM, de fixer la limite pour les informations génétiques : « Elles n'ont rien à voir avec votre emploi, la qualité de votre contribution ou votre capacité à travailler en groupe », at-elle déclaré à la presse américaine. IBM est le premier grand groupe américain à prendre clairement position. Par générosité, peut-être. Mais aussi pour préserver ses affaires : IBM travaille de plus en plus avec l'industrie de la santé, les hôpitaux, les start-up, les grands laboratoires qui développent des tests génétiques. Lesquels se heurtent à la résistance des patients, inquiets du mauvais usage qu'on pourrait faire des données recueillies. Des milliers d'IBMers, eux-mêmes, travaillent avec les représentants de la National Geographic Society sur un projet de collecte d'ADN pour essayer de retrouver les origines de la population. Et ont demandé à ce que la confidentialité des informations puisées dans leur corps soit assurée.

Protection du patient-salarié

L'anonymat, garanti par IBM, est un bon moyen pour assurer le développement de l'industrie émergente des tests. Surtout si les autres grands industriels suivent l'exemple. Le patient-salarié est déjà relativement protégé par la loi de 1996 sur la Health Insurance Portability and Accountability. Cette loi, déjà ancienne, concerne surtout la maladie existante, pas les risques de maladie.

Pour l'instant, très peu d'entreprises ont osé exploiter les carences légales. Il n'empêche. L'une d'entre elles, Burlington Northern and Santa Fe Railway, a été épinglée en 2002 par l'EEOC (Equal Employment Opportunity Commission) lorsqu'elle a secrètement testé 36 salariés souffrant du syndrome du canal carpien. Les salariés expliquaient leur maladie par leurs conditions de travail ; l'entreprise espérait, grâce à ces tests, découvrir chez eux un facteur génétique.

Auteur

  • Caroline Talbot, à New York