Les défis de l'Unedic

Comment accélérer le retour à l'emploi des chômeurs alors que la reprise n'est pas au rendez-vous et que le déficit de l'Unedic se poursuit ? Ce sera vraisemblablement la question la plus discutée au cours des négociations des partenaires sociaux sur le renouvellement de la convention Unedic, le 31 décembre. Plusieurs méthodes ont, de fait, été testées par le régime d'assurance chômage, qui n'attendent que le feu vert des partenaires sociaux pour passer à la vitesse supérieure.

Démarche curative

Les syndicats devront, en premier lieu, se prononcer sur les grilles de profilage mises en place par l'Unedic. Faut-il, oui ou non, dé finir des catégories de chômeurs en fonction de leurs difficultés à retrouver un emploi ? Le but étant de définir leur degré d'employabilité afin de leur proposer un suivi approprié plus rapidement : propositions répétées d'offres si la personne peut rapidement retrouver un travail (15 % de demandeurs sont dans ce cas selon les bassins d'emploi) ou, à l'inverse, accompagnement poussé pour des personnes plus fragilisées. « L'idée est d'aller au-delà de l'accord du 20 décembre 2002, expliquet-on à l'Unedic. De transformer l'assurance chômage en assurance intelligente, c'est-à-dire en adoptant une démarche curative de retour à l'emploi. »

Toute la question sera, alors, de savoir si les partenaires sociaux s'accordent pour renouveler les expérimentations de reclassement privé ; 10 000 demandeurs d'emploi sont actuellement suivis par Ingeus, Adecco, BPI, Altedia et l'Apec. Mais, pour l'heure, aucun bilan chiffré n'est disponible.

Autre sujet délicat : la définition de l'offre d'emploi convenable. Si, jusqu'ici, la législation française reste assez floue, les partenaires sociaux devront définir avec précision les contours de cette notion. Un thème qui va de pair avec les sanctions à l'encontre des chômeurs : quelles offres un chômeur a-t-il le droit de refuser ? En cas de refus, l'Unedic peut-il réduire, voire supprimer, ses allocations ?

Enfin, la question de la précarité sera au coeur des discussions. Faut-il instaurer une surcotisation sur l'emploi des CDD et des intérimaires ? Une brèche avait été ouverte avec le contrat nouvelles embauches, qui oblige tout employeur, en cas de rupture de contrat dans les deux premières années, à verser une cotisation supplémentaire de 2 % du montant total de la rémunération brute au régime de l'assurance chômage. « Un boulevard qui ouvre la voie à beaucoup d'autres choses », précise l'Unedic.

Pas de reprise franche de l'emploi

L'emploi salarié n'a progressé que de 0,1 % entre avril et juin 2005. Toutefois, le secteur recherche et développement est en plein boom. Les investissements devraient donc porter leurs fruits dans les autres secteurs, à moyen terme. L'intérim, autre signe de reprise, a augmenté de 0,8 % au deuxième trimestre. En vedette, la construction, qui n'avait pas connu un tel dynamisme depuis début 2001 : 10 600 postes ont vu le jour dans ce secteur au deuxième trimestre. A noter : l'industrie ne représente que 22,2 % de l'emploi salarié en 2005 contre 42 % fin 1976. L'emploi féminin devient, de son côté, plus dynamique, passant de 36,9 % en 1981 à 43,2 %, aujourd'hui.

Une nouvelle prime de mobilité

Afin d'inciter les chômeurs à accepter de changer de région pour reprendre un emploi, Dominique de Villepin a annoncé une prime de 1 000 euros. Quant aux chômeurs propriétaires de leur résidence principale qui seraient amener à quitter celle-ci et à la louer, une exonération d'impôt sur les revenus locatifs serait envisagée.

Mais d'autres dispositifs sont déjà en place. L'Unedic propose, en effet, dans le cadre du Pare (Plan d'aide au retour à l'emploi), une aide forfaitaire de 1 916 euros, destinée à couvrir les frais de transport, de déménagement, d'installation ou de double résidence d'un demandeur d'emploi acceptant un poste dans une localité éloignée de sa résidence ; 16 612 personnes en ont bénéficié en 2004, pour une aide moyenne de 1 694 euros.