Le recrutement et la paie boostent l'externalisation
Image

L'outsourcing RH est entré dans les moeurs. La preuve : les résultats du second Baromètre Merlane*, publié en exclusivité par Entreprise & Carrières. Ainsi, 94 % des personnes interrogées déclarent connaître, spontanément, le terme outsourcing des ressources humaines. Certes, il existe toujours une petite confusion, quand 77 % de l'échantillon définit ce modèle d'organisation comme «de la sous-traitance». Mais qu'importe, pour Stéphane Adnet, responsable du développement de Merlane, « la grande majorité (94 %) le désigne comme «le recours à un spécialiste de la fonction». En somme, tout le monde a bien compris la philosophie même de l'outsourcing. » Autre preuve de la maturité du marché : la nette croissance du nombre de personnes interrogées qui considèrent cette externalisation comme un moyen permettant de « créer de la valeur » (63 %). Elles étaient 31 % en 2004.

Recentrer sur le coeur de métier

Elles sont, par ailleurs, 63 % à appréhender l'externalisation comme un moyen de « recentrage sur le coeur de métier », 35 % à estimer qu'il « permet de faire face à un accroissement temporaire d'activité » et 23 % à répondre qu'il « consiste à déléguer la responsabilité de la fonction ».

Plus concrètement, plus de la moitié de l'échantillon a une expérience empirique de cette externalisation. Parmi eux, 84 % l'utilisent pour ce qui concerne les services RH, depuis au moins trois ans.

Les RH, loin devant

Aujourd'hui, toutes fonctions confondues, 27 % des entreprises interviewées pratiquent l'outsourcing pour au moins trois d'entre elles ; 15 % pour deux, et 17 % pour une seule. La plus concernée ? La fonction ressources humaines (68 % des entreprises). Dans le détail, ce sont les services recrutement, principalement pour la recherche et la sélection de candidats, et la paie qui sont concernés. Moins répandues : les fonctions formation et l'administration du personnel.

Résultats : 68 % d'interlocuteurs « assez satisfaits » (16 % de « très satisfaits », autant de « peu satisfaits »). « Il reste une marge de progression, note Stéphane Adnet. On la trouvera sans doute dans l'accompagnement des équipes de terrain, qui sont nos interlocuteurs au quotidien. » Car, en effet, les freins culturels, autrement dit, la résistance au changement, sont évoqués comme principaux obstacles à la formule. A cela s'ajoute son coût, jugé trop élevé.

A l'inverse, les consommateurs d'outsourcing RH citent comme principaux avantages : l'organisation recentrée sur le coeur de métier et l'amélioration de la qualité et de la compétence. Autant d'arguments qui rejoignent, en partie, certaines des motivations des entreprises (lire encadré ci-dessous) à externaliser.

Copilotage

Quant aux facteurs de succès, les interviewés retiennent, en tête, un cahier des charges détaillé, un copilotage entre le prestataire et l'entreprise, un prestataire externe expérimenté et un engagement réciproque sur les résultats. En attendant, que les prestataires se réjouissent : près des deux tiers des entreprises pensent que l'externalisation des services RH va aller en augmentant.

(*) Baromètre outsourcing RH 2005 : Pratiques et perspectives de l'externalisation des ressources humaines en France, mené auprès de 48 responsables d'entreprise.