S'abonner
Se connecter
Menu
Liaisons sociales magazine Entreprise & Carrières
Newsletter

Magazines

Enquête

« Le niveau de maturité des PME s'élève »

Enquête | ENTRETIEN AVEC | publié le : 08.02.2005 | J.-F. R.

Image

« Le niveau de maturité des PME s'élève »

Crédit photo J.-F. R.

E & C : Quel regard portez-vous sur la manière dont les PME appréhendent les questions de santé au travail ?

J.-P. C. : Indéniablement, même s'il n'est pas uniforme, le niveau de maturité des PME en matière de prévention des risques professionnels s'élève. La multiplication des procédures judiciaires, notamment dans les affaires liées à l'amiante, joue un rôle important dans cette prise de conscience. En outre, avec l'obligation du document unique, la prévention s'est, en quelque sorte, matérialisée. Une dynamique s'est installée, en particulier au niveau des branches. Maintenant, tout n'est pas rose. Le document unique a été plus ou moins bien compris. Dans certaines PME, et surtout les plus petites, il a été rédigé par le chef d'entreprise sans que les salariés ou leurs représentants soient consultés. Aussi, les dirigeants doivent bien comprendre que cette obligation n'est pas une fin en soi. Elle doit déboucher sur un plan d'actions qui, pour le coup, doit impérativement associer les salariés.

E & C : Quels sont les risques sur lesquels les PME agissent aujourd'hui ?

J.-P. C. : En voulant trop bien faire, certaines entreprises se trompent de combat ou mettent la charrue avant les boeufs. Elles s'attaquent, d'emblée, à des pathologies très difficiles à éradiquer, telles que les troubles musculo-squelettiques (TMS), le stress ou la violence au travail. C'est courageux, mais elles omettent de traiter les fondamentaux. Sachez que les chutes de plain-pied représentent plus de 25 % des accidents du travail. Concernant les tendances, le stress commence à émerger parmi les préoccupations des dirigeants de PME. En cause : l'intensification du travail, conséquence, notamment, de la relation donneur d'ordres/sous-traitant.

E & C : En matière de prévention, faut-il privilégier les actions individuelles ou collectives ?

J.-P. C. : Ce qui compte, c'est l'action sur le terrain. A la Cnamts, nous avons identifié quatre pistes de travail : les TMS, les cancers professionnels, les risques routiers et la formation à la prévention des risques. Sur chacune de ces thématiques, l'ensemble de notre réseau est engagé. Impulsées au niveau national, les actions sont ensuite relayées sur le terrain. Après, il me semble que les démarches collectives de prévention, associant des organisations professionnelles, des organismes consulaires et les Cram, se révèlent particulièrement efficaces. Seul souci : dans certains secteurs d'activité, il n'y a pas pléthore d'interlocuteurs au niveau régional ou départemental.

Auteur

  • J.-F. R.