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Quelques irréductibles Français

SANS | publié le : 21.09.2004 |

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Des effectifs qui se réduisent comme peau de chagrin, des bassins d'emploi sinistrés et des cortèges de salariés déboussolés : le textile français n'en finit pas de panser ses plaies. De 1983 à 2003, les effectifs sont passés de 232 557 à 98 789 salariés et le nombre d'établissements a été divisé par deux. Une véritable hémorragie qui se poursuit. En effet, dans les prochains mois, la profession va connaître de nouveaux bouleversements avec l'entrée de la Chine dans l'OMC (Organisation mondiale du commerce), l'élargissement de l'Europe à 25 et la fin des quotas, le 1er janvier 2005, abolissant les frontières traditionnelles.

Quel avenir ?

Le textile français a-t-il encore un avenir ? Le plan Borotra, du nom du ministre, lancé en 1994, qui visait un allègement des charges sociales sur les bas salaires, devait apporter une bouffée d'oxygène au secteur. Mais les aides sectorielles ont été sanctionnées par la Commission de Bruxelles.

Pour rebondir, une seule solution : continuer à innover pour conserver son avantage technologique. Sur ce sujet, plusieurs stratégies s'affrontent : création de textile médical, nouvelle niche d'activité, course à l'innovation, plus grande réactivité ou nouveaux positionnements.

C'est cette dernière idée qu'a retenue, par exemple, Tricotage des Vosges, l'un des derniers fabricants de chaussettes 100 % françaises. Plutôt que de délocaliser comme la plupart de ses concurrents, l'entreprise a créé ses propres marques, Bleu Forêt et Blue Sox, qu'elle commercialise dans les grands magasins parmi les collections chics.

Miser sur la réactivité

L'entreprise, qui emploie 248 personnes à Vagney, a vu son chiffre d'affaires passer de 19,5 millions d'euros en 2002 à 21 millions en 2003. Pour parvenir à de tels résultats, Jacques Marie, ancien Pdg de Dim, qui a repris l'entreprise en 1994, a misé sur la réactivité. « Je renouvelle les collections à 60 % chaque saison et je livre sous dix jours », indique-t-il.

Dans un même temps, la rémunération a été fixée à 1,3 Smic pour les ouvriers, la flexibilité a été accrue et l'automatisation accentuée. « Chaque année, j'investis un million d'euros pour moderniser les outils de production. Avec le même nombre de personnes, j'arrive, ainsi, à produire 5 % à 6 % de paires en plus tous les ans. »

Dans le Nord, qui a perdu la moitié de ses emplois en dix ans, c'est une autre stratégie qui a été choisie. La Cité de l'initiative, qui regroupe un réseau de TPE, vient de signer un protocole d'accord avec 29 réseaux de sociétés d'Italie, du Portugal, de Belgique et de France. Leur objectif ? Soutenir les politiques européennes en faveur du textile-habillement et, surtout, démarcher les marchés émergents sous un seul et même label.

En région Paca, la chambre syndicale de l'habillement a choisi de créer une plate- forme logistique et de finition qui a pour vocation de valoriser les échanges au sein du bloc euro-méditerranée. « Notre projet consiste à travailler en amont et en aval avec les pays fabricants, commente Annie Carraï, déléguée de la chambre syndicale, en proposant des services à l'industrie tels que les finitions, le packaging, les bureaux de style... Nous espérons créer 70 emplois pour l'été 2005. »

Qualification

Mais ces emplois vont changer de nature. « Nous travaillerons avec une main-d'oeuvre qualifiée afin d'apporter une plus-value au produit », poursuit Annie Carraï. En clair, tout le monde n'aura pas sa place, particulièrement les ouvrières qui ont passé vingt-cinq ans au même poste de travail.

COÛT HORAIRE DE LA MAIN-D'OEUVRE DANS LE TEXTILE HABILLEMENT

Chine (région côtière) : 0,57 euro.

Chine intérieure : 0,49 euro.

Maroc : 1,56 euro.

Tunisie : 1,46 euro.

France : 11,75 euros.

Allemagne : 15,62 euros.

Source : Enquête Werner International (2002).