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« Il manque un crédit d'impôt formation »

SANS | publié le : 17.02.2004 |

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E & C : La réforme qui s'annonce donnera-t-elle un nouvel élan à la formation professionnelle ?

A. R. : Sans nul doute. Notre pays a besoin d'un réel sursaut pour assurer la montée en compétences de sa population active et faire jeu égal avec ses principaux partenaires économiques. Mais, dans les projets actuels, des efforts supplémentaires seront demandés aux entreprises sans que l'on ait prévu de reconnaître celles qui s'engageront à faire plus et mieux. Un crédit d'impôt formation renouvelé et dynamisé serait le bienvenu ! Le nouveau crédit d'impôt recherche, présent dans la loi de finances 2004, calculé à la fois sur le niveau et sur l'évolution de la dépense, pourrait servir d'exemple.

E & C : Les dépenses de formation des entreprises sont en baisse depuis trois ans. Ce crédit d'impôt serait-il suffisant ?

A. R. : L'ambition de la loi Fillon, avec le DIF, est d'offrir la garantie d'une formation individualisée à chacun tout au long de sa vie. L'amélioration de l'employabilité des salariés bénéficiera à toute la société et d'abord aux entreprises. Mais, face à notre retard dans la formation professionnelle, il nous faut forcer le pas ! Lancer le DIF sans crédit d'impôt formation équivaudrait à entreprendre cette marche sur une seule jambe en renonçant à inciter les entreprises à redoubler d'efforts en faveur de la formation professionnelle.

E & C : Le projet prévoit pourtant un alourdissement des charges des entreprises !

A. R. : La cotisation des entreprises de plus de 10 salariés passerait de 1,5 % à 1,6 % de la masse salariale. Pour les plus petites entreprises, la cotisation progresserait de 0,25 % actuellement à 0,4 % en 2004 et 0,55 % en 2005. Cela se traduira par un surplus à collecter de plus de 500 millions d'euros. On ne peut que s'interroger sur la disproportion qui existerait entre les enjeux et les sommes dégagées en faveur d'un sursaut des dépenses de formation.

Les dépenses annuelles de formation des entreprises, hors apprentissage, s'élèvent à 10 milliards d'euros et touchent 5 millions de personnes. Entre le début 2002 et la fin 2003, les dépenses de formation auront baissé de près de 5 %, soit environ 500 millions d'euros. Si cette tendance devait se poursuivre, le projet gouvernemental n'aboutirait qu'à compenser le retard pris sans favoriser le sursaut tant recherché. C'est largement insuffisant !

(1) Alma consulting group est un cabinet de conseil, fondé en 1986, spécialisé dans les allègements de charges fiscales, de charges sociales et le financement de l'innovation.

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