« Les femmes doivent avoir leur place dans l'économie »

E & C : Le collectif Femmes et entreprises a organisé, à Bordeaux, le 17 janvier dernier, les premières "Rencontres femmes et entreprises". Pouvez-vous expliquer leur but ?

C. D. : Lors de mon parcours de créatrice et de chef d'entreprise, j'ai été confrontée à plusieurs freins essentiellement liés aux représentations collectives voulant que femmes et économie n'aillent pas ensemble. Pas étonnant, donc, que seule une entreprise sur quatre soit créée par une femme.

Cependant, dès 2005, les départs massifs à la retraite des baby-boomers devront être compensés. Les femmes vont représenter une manne décisive. Il est donc temps de booster l'initiative individuelle et collective, de répondre aux besoins économiques et d'opérer, enfin, des changements culturels sur nos représentations. Les "Rencontres femmes et entreprises" ont pour but d'appréhender ce problème, d'échanger concrètement sur cette question de la mixité, et de créer des liens et de la solidarité.

E & C : Comment s'est déroulée cette journée ?

C. D. : Elle s'est animée autour de trois grands thèmes qui ont fait l'objet de tables rondes et de débats : la création d'entreprise par les femmes, la diversité des métiers et la formation professionnelle tout au long de la vie. Etaient invitées des femmes de l'Aquitaine de milieux urbain et rural, salariées, chefs d'entreprise ou demandeuses d'emploi. Au-delà de cette cible prioritaire, nous avions convié tous les acteurs socio-économiques concernés par l'emploi, la formation et la création d'entreprise dans la région.

E & C : Quelles sont, aujourd'hui, vos ambitions ?

C. D. : J'espère que cet événement fera tache d'huile, que d'autres "Rencontres femmes et entreprises" fleuriront dans différentes villes de France, mais aussi en Europe. Nous prévoyons, d'ores et déjà, de renouveler cette opération l'année prochaine, à Bordeaux, en lui donnant davantage d'envergure. En effet, j'aimerais transformer ces Rencontres en un salon et offrir encore plus de services.