La formation comme élément moteur

Avec 4 500 salariés, Michelin est l'une des premières entreprises françaises implantées sur le territoire chinois. Le groupe ne compte pas s'arrêter là. Après avoir investi près de 117 millions d'euros en Chine, l'entreprise prévoit de remettre sur la table plusieurs centaines de millions d'euros dans les « années à venir », selon le responsable de la zone Asie-Pacifique, cité par l'agence Reuters. Le président de Michelin en Chine, Eric Jugier, annonce, quant à lui, un demi-millier de recrutements cette année. « La clé pour attirer et retenir les talents en Chine ? De la formation et toujours plus de formation », affirme-t-il.

Pour son développement ambitieux, Michelin a donc mis en place une stratégie de sélection et de formation de ses employés et de ses distributeurs. Les former aux métiers du groupe et à la diffusion des produits fait partie des axes stratégiques. « Pour soutenir cet objectif, nous avons investi un million de dollars dans un centre de formation à Pékin, explique Eric Jugier. Tous les distributeurs de nos centres de services s'y rendent afin de mieux connaître nos produits et les protocoles d'installation des pneus. » Le centre en question, mis en place début 1998, compte, ainsi, un atelier.

Travail en binôme

Les distributeurs reçoivent également des indications sur la gestion comptable et les techniques de vente maison. Cette formation de départ, de deux mois, fait partie de la période d'essai. Les vendeurs travaillent, ensuite, un mois en binôme avec un salarié de chez Michelin. « Les différences de méthode peuvent, au départ, surprendre des personnes qui ont plusieurs années d'expérience derrière elles », commente Eric Jugier.

Parallèlement à ce centre, les usines accueillent également des sessions de formation pour préparer les ouvriers et les techniciens à des changements de poste. Le personnel est, ainsi, familiarisé avec les méthodes de travail et les normes de qualité communes à l'ensemble du groupe Michelin. Si les méthodes d'apprentissage sont standardisées, l'équilibre entre enseignements pratiques et théoriques est adapté à la culture locale par les formateurs chinois.

Task force

Afin de compléter cette organisation, Michelin vient de créer un centre de compétences industrielles à Shanghai pour préparer une task force chinoise faite d'ingénieurs et de techniciens aux compétences clés. L'objectif ? Compter sur une équipe de spécialistes capables d'assurer le développement des usines existantes ou la création d'autres entités. Ces salariés, choisis sur le volet, seront accompagnés par un coach. « Etant donné le potentiel de développement en Chine, ce centre pourrait même dépasser l'entité française similaire », anticipe Eric Jugier. Cette politique d'investissement s'accompagne de clauses de dédit formation, tout particulièrement lorsque les sessions sont longues et coûteuses et, notamment, si elles impliquent un ou plusieurs déplacements à l'étranger.