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Retour au pays

SANS | publié le : 15.07.2003 |

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Majorette redevient français. Le groupe Majorette Toys et Solido devrait passer, fin juillet, dans le giron du jurassien Smoby, sous réserve du feu vert des autorités de la concurrence. Le rachat représentera un investissement de 30 millions d'euros.

Cultures complémentaires

Quelles seront les nouvelles orientations du groupe ? Le projet est encore flou mais les salariés restent confiants. « Nos cultures sont complémentaires, indique Manuela Arcoleo, directrice marketing de l'entreprise. Smoby est spécialisé dans le jouet de Noël ou d'été en plastique et vise à 60 % les petites filles, alors que Majorette est présent toute l'année avec ses voitures qui plaisent surtout aux garçons. » Avec Majorette, Smoby se classera dans les dix premiers du marché mondial. Les résultats n'ont pourtant pas toujours été aussi bons pour Majorette. Créée, en 1960, par Emile Véron, l'entreprise a même eu un parcours plutôt chaotique : elle a été placée en liquidation judiciaire, en 1992, avant d'être reprise par le groupe Idéal Loisirs (qui détenait plusieurs licences de jeux) et de sombrer, à nouveau, dans une situation financière désastreuse.

Changement de stratégie

La reprise en main de Majorette Toys, en 1996, par Triumph Adler, le spécialiste allemand de la bureautique (propriétaire d'Olivetti), et l'arrivée d'un homme de marketing à la tête de l'entreprise, Richard Mamez, apportent un souffle nouveau. Il entreprend un changement de stratégie commerciale et prépare, aux côtés des petites quatre roues, de nouvelles gammes de jouets. C'est le début des "play concepts" ou "environnements" (véhicules intégrés dans des aires de jeux, garages, jungles, camps militaires...) et des voitures radiocommandées, lancées en 1998 et 1999.

Mais, en même temps, l'entreprise poursuit sa délocalisation, entamée en 1987. Majorette booste son site de production en Thaïlande, dans la banlieue de Bangk, qui emploie, aujourd'hui, 680 personnes. L'entreprise passe également deux contrats de sous-traitance avec la Chine, pour la fabrication des moules.

Le site de production de Rillieux-la-Pape, près de Lyon, à deux pas du site historique, continue, lui aussi, à tourner. Les salariés thaïlandais se concentrent sur la fabrication des petites voitures, tandis que les Français réalisent les "play concepts". Cette nouvelle organisation tiendra jusqu'en 2001, date de l'annonce du plan social lyonnais. C'est le septième depuis la création de l'entreprise. Sur 345 emplois, 237 seront supprimés. A ses heures glorieuses, l'entreprise a, pourtant, compté plus de 1 000 salariés.

Nouvelle cure de délocalisation

La faute aux jeux vidéo qui ont détourné les enfants des petites voitures à partir de 1990 ? Oui, mais pas seulement. Car la fermeture de l'usine est aussi liée à une nouvelle cure de délocalisation, la production lyonnaise étant transférée en Tchéquie, pays avec lequel l'entreprise passe des contrats de sous-traitance pour ses "environnements".

Aujourd'hui, seules les voitures de collection de la marque Solido sont fabriquées en France, en Normandie. Et à Rillieux, le vaste entrepôt avec ses chaînes de montage ressemble à un navire abandonné. Les projets de réindustrialisation du site n'ont toujours pas trouvé d'acquéreur.

GROUPE MAJORETTE

> Majorette Toys Effectifs : 106 salariés, dont 64 à Rillieux-la-Pape (services généraux et logistique) ; 16 à Roissy (service marketing) et 26 à Reyrieux (plate-forme logistique).

Solido (voitures de collection) Effectifs : 100 salariés.

> Site de production (en Thaïlande) Effectifs : 680 salariés.

> Chiffre d'affaires (prévisions 2003) : 60 millions d'euros.