La gouvernance de l'entreprise, Roland Pérez, La Découverte, 126 pages, 7,95 euros.

L'expression, bien établie dans le monde anglo-saxon, de corporate gouver- nance n'a que depuis peu de temps été traduite en France par gouvernance de l'entreprise, les auteurs préférant, jusqu'alors, utiliser les termes plus usuels de gouvernement d'entreprise.

Le gouvernement de l'entreprise, à proprement parler, n'est qu'un sous-ensemble de la catégorie plus large de "gouvernance", qui inclut un dispositif impliquant à la fois des institutions, des relations, des règles et des comportements. Or, c'est bien au niveau de la gouvernance et pas du gouvernement que Roland Pérez entend se situer.

L'histoire de la gouvernance de l'entreprise est coextensive à celle du capitalisme. C'est, en effet, un libéralisme à tout crin, où le laisser-faire et les intérêts privés sont considérés comme intangibles, qui a ouvert la porte à un certain nombre de scandales, dont Enron restera sans doute l'un des symboles.

Quelles critiques peut-on faire au modèle dominant anglo-saxon ? Quelle est, notamment, l'incidence de la financiarisation et du "court-termisme" ? Comment préserver l'intérêt des "parties prenantes" (stakeholders) face aux actionnaires (shareholders) ? Les limites que Roland Pérez suggère à la gouvernance financière permettraient d'assainir le jeu de ce libéralisme et, ainsi, d'en sauver le modèle en le moralisant quelque peu. Cependant, le livre ne se présente pas seulement comme un plaidoyer en faveur de la morale, mais d'abord comme une mise en perspective de l'histoire du capitalisme, à la lumière des données de la science économique et du management.

L'AUTEUR

Roland Pérez est spécialiste du développement durable, agrégé de sciences économiques et de gestion, et professeur à l'université de Montpellier.