Qui veut quoi ?
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Le 3 février au soir, le décor pour la concertation sur les retraites sera planté. Le Premier ministre aura tracé, devant le Conseil économique et social, les pistes de la réforme et le cadre des discussions à venir. De leur côté, les syndicats, rassemblés dans une manifestation nationale le 1er février, auront compté leurs forces. Les enjeux de la réforme sont connus : en l'absence d'évolutions, le système de financement des retraites par répartition ne pourra supporter le choc démographique conduisant à passer de deux actifs pour un retraité, aujourd'hui, à à peine plus d'un, en 2040. Mais les partenaires sociaux ne sont pas d'accord sur le choix des leviers à utiliser pour assurer le financement du système.

Taux de remplacement :

peut-on envisager une baisse des pensions ? Les syndicats ne veulent pas en entendre parler. Même si certains ne sont pas opposés à un complément par de l'épargne salariale, tous veulent réaffirmer l'importance de la répartition, avec des taux de remplacement de 70 % à 75 %, avec la retraite complémentaire, selon le niveau de salaire (il est, pour l'instant, de 56 % à 84 % dans le privé).

Age légal de la retraite :

à quel âge aura-t-on droit à une retraite à taux plein ? L'âge légal est de 60 ans, en France. Il est un peu plus élevé chez la plupart de nos voisins. Ce qui compte, surtout, c'est le taux d'activité entre 55 et 65 ans, très faible en France, où l'âge moyen de départ est d'environ 57 ans. Et l'âge réel de départ sera aussi conditionné par la durée de cotisation.

Durée de cotisation :

faut-il augmenter la durée de cotisation au-delà de 40 ans dans le privé et de 37,5 ans pour les fonctionnaires ? Les partenaires sociaux ont des avis différents. D'autre part, les syndicats, considérant l'allongement de la durée d'études et les difficultés d'insertion, demandent la prise en compte de nouvelles périodes (études, stages...) dans la durée de cotisation.

Niveau et assiette des cotisations :

actuellement de 23,85 % pour un salarié du privé (tranche A, part salarié + part employeur), la cotisation retraite peut-elle augmenter ? Les cotisations devraient-elles reposer sur d'autres éléments que la masse salariale ?

Fonctionnaires et régimes spéciaux :

c'est l'un des points les plus sensibles du dossier. Seule FO veut conserver telles quelles les pensions du public. Le patronat vise un alignement sur le régime général, et le gouvernement, un rapprochement. La CGT envisage une harmonisation progressive, ce qui passe mal auprès de la base. Pour l'heure, les fonctionnaires cotisent 37,5 ans et bénéficient d'un taux de remplacement de 75 % de l'indice brut des 6 derniers mois (contre un calcul sur 25 ans dans le privé). Mais le montant des primes n'est pas pris en compte. Les intégrer serait une contrepartie exigée en cas d'harmonisation. D'autre part, faut-il continuer de faire jouer la solidarité entre régime salarié et non salarié (compensation) et entre différents régimes (surcompensation) ?

Telles sont, pour l'heure, les positions des partenaires sociaux et du gouvernement.