Bertelsmann parie toujours sur un partenariat avec les salariés

Né autour des légendaires clubs de livres, Bertelsmann est devenu, au fil des années, le numéro 1 de la communication en Europe. Le groupe est aujourd'hui actif dans le domaine de la télévision, avec RTL, en presse écrite, avec Gruner + Jahr, en librairie, dans la musique et dans l'Internet.

Fin juillet, Bertelsmann annonçait le départ surprise du charismatique Thomas Middelhoff, un stratège jugé trop audacieux par ses actionnaires. Quelques jours plus tard, son successeur - de dix ans plus âgé - précisait, dans une lettre adressée aux salariés, les grandes lignes de la stratégie qu'il entend appliquer. Ni révolution ni surprise. Gunter Thielen y annonce un retour clair aux valeurs traditionnelles du groupe : « Décentralisation, esprit d'entreprise et direction partenariale constituent la base du concept Bertelsmann, et il a fait ses preuves », a-t-il rappelé, comme s'il citait des extraits de la bible de cette entreprise, Le partenariat, clé du succès, ouvrage écrit par le propriétaire, Reinhard Mohn.

« Un changement de tête, surtout lorsqu'il survient de façon impromptue, suscite forcément quelques inquiétudes au sein du personnel et un besoin accru de communication, commente Gert Stuerzebecher, vice-président développement du management du groupe. Mais il ne faut pas exagérer l'importance de ce changement. Bertelsmann est un grand bateau. Un changement de capitaine ne signifie pas que le navire quitte sa route ! Nous entendons revenir aux racines de Bertelsmann, à ce qui a fait son succès... » Et de rappeler l'importance de ce "partenariat" avec les collaborateurs.

Tous les trois à cinq ans, Bertelsmann procède à une vaste enquête de satisfaction auprès de ses salariés. Elle fut l'une des premières entreprises allemandes à les réaliser régulièrement, à partir de 1977. « Nous leur demandons quelle est leur perception de notre société, comment ils réagissent à la culture d'entreprise, s'ils retrouvent dans leur travail, au quotidien, les valeurs sur lesquelles repose cette culture... La dernière enquête vient de s'achever. » C'est la première réalisée au plan international, pour 70 000 des 82 000 salariés que compte le groupe. Chaque chef de service sera informé des résultats le concernant. « L'idée est de voir exactement où le bât blesse, afin de réagir », insiste Gert Stuerzebecher.

Et il s'agit de faire de ce partenariat un élément de la stratégie RH, dans un groupe dont les entreprises ont, par ailleurs, des identités fortes : les managers doivent désormais réaliser un reporting sur les activités et systèmes déployés pour favoriser ce partage de connaissances. Ce qui autorisera un meilleur échange de bonnes pratiques entre les différentes sociétés.

Dans le même ordre d'idée, Bertelsmann fait partie de ces grandes entreprises qui ont offert un ordinateur et un accès à Internet à leurs salariés et à leur famille. Et sur Be net, l'intranet international du groupe, les dirigeants sacrifient, par exemple, régulièrement, à une sorte de "chat", des sessions de questions-réponses en direct sur les activités et les événements qui concernent l'entreprise.

REPERES

20,03

milliards d'euros de chiffre d'affaires pour l'exercice 2000-2001.

- 32 143

salariés en Allemagne,

82 162 dans le monde.