S'abonner
Se connecter
Menu
Liaisons sociales magazine Entreprise & Carrières
Newsletter

Magazines

SANS

« Pour en finir avec les pénuries de recrutement »

SANS | publié le : 08.01.2002 |

Crédit photo
E & C : Vous venez de publier un rapport intitulé "Entre chômage et difficultés de recrutement : se souvenir pour prévoir" (*) . Pourquoi ce travail ?

C.S. : Tout a commencé lors d'une journée d'étude de mai 2001, où il était question de traiter des difficultés de recrutement. En juin, l'ANPE enregistrait 100 000 chômeurs de plus alors que des pénuries persistaient. Cette double réalité n'est pas une nouveauté. Ce rapport propose des pistes de réflexion et des leviers d'action afin que l'histoire ne se répète pas.

E & C : Quelles ont été les grandes erreurs du passé ?

C.S. : La principale a consisté à se démobiliser sur les problèmes de pénurie de main-d'oeuvre dès que la croissance est retombée, début 1990. La deuxième a été de sacrifier la génération des plus de 55 ans au motif qu'elle ne pouvait s'adapter aux nouvelles réorganisations du travail ou aux nouvelles technologies. En 1984, 700 000 personnes sont parties en préretraite. Demain, le nombre d'entrées sur le marché du travail restera, à peu de chose près, inchangé. La transformation n'est pas là. Elle concerne les départs. Ils seront de l'ordre de 478 000 entre 2000 et 2005, puis de 653 000. Pour autant, les besoins seront toujours là. On sait, d'après la Dares, que le nombre d'embauches pour la période 2000-2010 sera supérieur à celui de 1990-2000.

E & C : Quelles sont vos préconisations ?

C.S. : Adapter les formations et l'orientation. Un des objectifs, par exemple, est d'augmenter le nombre de jeunes filles en apprentissage. Favoriser l'entrée ou le retour à l'emploi avec la contribution des régions. De nombreuses initiatives locales sont déjà très bonnes. Et puis, réfléchir aux conditions de logement et de transport, parce qu'un emploi est un lieu de vie. Et surtout : développer enfin une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Je ne suis pas sûr que les entreprises aient vraiment conscience de l'urgence

(*) La Documentation française, décembre 2001, 209 pages, 12 euros.

Articles les plus lus