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Le fait de la semaine

Mobilité : Freiné par la Covid-19, le VIE reprend des forces

Le fait de la semaine | publié le : 30.11.2020 | Dominique Perez

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Mobilité : Freiné par la Covid-19, le VIE reprend des forces

Crédit photo Dominique Perez

Le Volontariat international en entreprise1 (VIE) fête ses 20 ans. Un anniversaire marqué par la crise sanitaire, mais qui est l’occasion d’annoncer une montée en puissance du dispositif, comme l’explique Christophe Monnier, directeur VIE au sein de Business France.

Quel bilan peut-on tirer des 20 ans du VIE ?

C’est une belle réussite. Le programme VIE/VIA (Volontariat international en administration) a bénéficié à 100 000 jeunes, présents dans 130 pays. Parmi les services proposés par Business France, c’est celui qui a le meilleur taux d’impact commercial selon les entreprises. Sept sur dix nous disent que les VIE leur ont permis de générer des nouveaux courants d’affaires à l’export. Beaucoup de ces jeunes sont embauchés ensuite dans leurs entreprises d’accueil, et deviennent ensuite des cadres export et responsables de filiales. J’ai moi-même été VIA, je suis le premier directeur dans ce cas, la preuve que l’on peut donner des responsabilités à la suite de cette expérience. Le taux d’employabilité est très élevé : une étude Edhec que nous avons réalisée en 2018 a montré que 90 % des jeunes sont en emploi après le VIE, la moitié sont embauchés par l’entreprise dans laquelle ils ont fait leur VIE.

Les VIE concernent quand même majoritairement des jeunes d’un niveau minimum bac+5…

Ils sont encore majoritaires, c’est vrai, même s’il n’y a pas d’exigence de diplôme à l’entrée. Un des gros challenges est de convaincre les entreprises d’intégrer également des jeunes diplômés de filières commerciales, de niveau bac+3. Une autre ouverture se fait sur les jeunes des quartiers en politique de la ville. C’est une ambition affirmée plusieurs années par le gouvernement, qui s’est traduite jusqu’alors par des actions de communication et de promotion auprès de ce public. Mais le plan de relance sera l’occasion d’amplifier cette politique. Le VIE a pris le relais du service national. Depuis le milieu des années 80, les jeunes hommes avaient la possibilité de faire leur service national en entreprise. Cela a donc commencé pour les garçons, aujourd’hui on compte pratiquement autant de jeunes filles VIE. C’est un programme qui sait donc évoluer avec son temps. Une autre volonté est d’inciter de plus en plus de PME et d’ETI à s’intéresser à ce dispositif. Pour le moment, 60 % des sociétés utilisatrices sont des grandes entreprises. Pour les PME, nous avons mis en place des mesures incitatives, comme permettre la formation du jeune avant qu’il ne parte à l’étranger, des solutions d’hébergement du VIE, par exemple dans des chambres de commerce ou bureaux de Business France, ou des VIE mutualisés entre plusieurs entreprises.

Quelles sont les mesures concernant le plan de relance ?

Le gouvernement a mis 4 millions d’euros sur la table, pour aider au financement des VIE, 5 000 euros sont versés par jeune pour les entreprises. Cette aide est ouverte aux PME et ETI sans condition et accessible aux grands groupes à condition qu’ils intègrent un jeune issu d’une formation courte (jusqu’à bac+3 inclus) ou un jeune issu des quartiers de la politique de la ville. Nous allons organiser des forums de recrutement spécifiques auprès des établissements préparant des bachelors et des BTS. Ce plan débute le 1er décembre, nous l’avons avancé d’un mois. Lundi 30 novembre, nous allons délivrer le premier chèque relance à une PME, par Franck Riester, ministre délégué au commerce extérieur, à l’occasion d’un webinaire spécial 20 ans. Ce sera un levier pour recruter 3 000 nouveaux VIE, l’objectif étant de rattraper 2020. Nous lançons le 1er décembre une nouvelle plateforme destinée aux jeunes : monvolontariatinternational.

Quelles ont été les conséquences de la crise sanitaire ?

Nous avons eu un arrêt le premier avril, à partir de mai les choses se sont débloquées sur l’Europe, qui accueille 80 % des VIE, et des débuts de missions se sont faits en France. Nous n’avions pas l’autorisation du centre de crise du quai d’Orsay de les faire partir hors Europe, en dehors du Canada et de la Corée du Sud, mais nous l’avons enfin depuis octobre dernier. Cependant, nous allons terminer l’année avec -20 % de VIE. Nous ne nions pas que certains qui ont dû rester en France un moment pour effectuer leur mission en télétravail quand la situation locale ne le permet pas étaient assez impatients… Mais cela n’a pas été un obstacle complet. Quelques centaines de jeunes seulement sont revenus en France au plus fort de la crise, la majorité est restée dans les pays d’accueil.

Le VIE en chiffres

2019 : 16 806, dont 6 440 en PME/ETI.

2020 : 13 507, dont 5 198 en PME/ETI.

Principaux secteurs concernés :

Finance : 17,72 %

Ingénieur technique : 13, 68 %

(1) Le VIE permet à des personnes âgées de 18 à 28 ans d’effectuer une mission de 6 à 24 mois renouvelable une fois à l’international, soit pour une entreprise française à l’étranger, soit pour une entreprise étrangère liée à une entreprise française par un accord de partenariat, soit pour un organisme étranger engagé dans une coopération avec la France. Le VIE reçoit une indemnité forfaitaire variable selon le pays, exempte de cotisation et non imposable. Les frais de gestion et de protection sociale du VIE sont pris en charge par l’entreprise de 192 € à 460 € HT assortis d’un tarif dégressif en fonction du nombre de VIE recrutés. Elle prend également en charge les frais de voyage international et de transport de bagages aller-retour.

Auteur

  • Dominique Perez