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Organisation du travail : PSA veut faire du télétravail la nouvelle norme

Le point sur | publié le : 18.05.2020 | Irène Lopez

Les salariés l’ont appris sur Internet : ils devront désormais tous télétravailler. Les syndicats, qui n’ont pas été mis dans la boucle, reprochent à la direction un manque de réflexion globale.

« Une nouvelle ère », « une référence ». C’est en ces termes que Xavier Chéreau, directeur des ressources humaines et de la transformation du groupe PSA, a décrit la future organisation du constructeur. Cette dernière reposera sur le télétravail pour tous (hors emplois industriels). Il l’a annoncé le 6 mai dernier dans une vidéo, en direct, sur le réseau LinkedIn. « C’est carrément une bombe qu’a lâchée la direction, s’exclame Franck Don, responsable CFTC. Nous n’avons été prévenus du projet qu’une demi-heure avant l’allocution du DRH. » Alors que la reprise de l’activité industrielle, progressive et sécurisée, a été partagée avec les partenaires sociaux, l’annonce du télétravail généralisé pour les activités tertiaires a pris de vitesse les syndicats. Ceux-ci fourbissent leurs armes et ont d’ores et déjà demandé une date de réunion pour entamer les négociations. Aucune ne leur a été communiquée. La direction veut pourtant aller vite. Xavier Chéreau souhaite qu’à l’été 2020 un accord soit signé.

Le panier de la ménagère

« Le télétravail chez PSA n’est pas nouveau. Un accord daté de 2014 permettait déjà au salarié qui voulait en bénéficier d’en faire la demande », explique Olivier Lefebvre, responsable FO. Avant le confinement, près de 5 000 salariés en France sur les 27 000 salariés éligibles du groupe (au total, PSA France emploie 47 000 personnes dont 20 000 relèvent du secteur industriel) télétravaillaient en moyenne deux jours par semaine. « La nouveauté, c’est le fait de l’imposer. Toute la problématique est là, déclare Franck Don. Il faut que le télétravail reste sur la base du volontariat. » Le syndicaliste s’intéresse à une vision globale des conséquences que pourrait avoir une telle organisation : « Il convient de penser aux dommages collatéraux. Prenez l’exemple du pôle tertiaire de Poissy où tout le monde peut télétravailler. Que deviennent alors les emplois des personnes qui font le ménage ou s’occupent de la restauration ? »

FO et la CFTC reconnaissent certaines vertus au télétravail, telles que les économies que réaliserait le groupe en réduisant son empreinte au sol. « Il est normal que l’entreprise regarde ces performances. S’ils arrivent à faire des économies, tant mieux. Nous, on regarde l’intérêt des salariés avant tout », conclut Franck Don. Lors des négociations, Olivier Lefebvre sera particulièrement vigilant au droit à la déconnexion et à ce qu’il appelle « le panier de la ménagère » : « Quand je travaille de chez moi, j’utilise mon électricité, ma connexion internet, mon eau… L’employeur participera-t-il à ces dépenses ? Et si je ne peux pas travailler de chez moi, il faudra peut-être que j’aille dans un espace de coworking payant… » FO et la CFTC souhaitent négocier un accord protecteur pour les salariés. Les syndicats sont en train de faire le point avec leurs équipes respectives sur les lignes rouges à ne pas dépasser.

Auteur

  • Irène Lopez