« Beaucoup d’organismes de formation risquent de disparaître »
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Un organisme comme Wall Street English est-il en mesure de s’adapter aux conséquences des mesures de confinement prises par le gouvernement ?

Oui, car notre offre est déjà distantielle à 70 %. En outre, nous disposons de solutions pour accueillir grâce au digital tous ceux qui ne peuvent pas se présenter dans nos salles. Notre plateforme permet d’organiser des cours pour des groupes de six personnes que l’enseignant peut subdiviser en trois sous-groupes de deux apprenants tout en passant de l’un à l’autre. Nos centres sont déjà fermés, ce qui nous oblige à développer des solutions alternatives. Dès lundi, tout notre programme bascule au format e-learning en attendant le moment où le public sera en mesure de revenir physiquement chez nous. Cela favorisera le déploiement de notre offre digitale au sortir de cette crise : selon nous, nous aurons le produit idéal lorsque nous serons susceptibles de proposer à nos stagiaires le choix de suivre les mêmes enseignements en présentiel ou à distance.

Pensez-vous que Wall Street English souffrira de cette crise ?

Non. Au contraire, nous allons accélérer la réalisation d’actions de formation pendant cette période puisque nous facturons au forfait, en fonction du temps consommé par l’apprenant. Pour simplifier : si un stagiaire s’inscrit pour une année de cours et consomme trois mois, il paiera trois mois. Il ne s’agit plus de fonctionner selon la logique du carnet de commandes, mais selon un mode forfaitaire. Le confinement a toutes les chances d’être de nature à inciter nos stagiaires à trouver le temps qui leur manquait pour suivre les cours et utiliser leurs crédits.

Quels effets, selon vous, aura cette séquence du confinement sur le marché de la formation professionnelle ?

Beaucoup d’organismes risquent de souffrir, voire de disparaître, et il sera sans doute nécessaire de leur venir en aide. L’audit de la digitalisation publié l’an dernier par la Fédération de la formation professionnelle (FFP) indiquait que les deux tiers des prestataires français ne disposaient pas d’une offre de formation numérique. Ceux-là risquent de se retrouver en grande difficulté puisqu’aujourd’hui, ils sont incapables d’assurer leurs commandes du fait de l’obligation de confinement qui est faite à leurs stagiaires. Le monde de la formation a déjà été extrêmement bousculé ces dernières années avec les deux réformes de la formation de 2014 et 2018. Dans le secteur de la formation linguistique, on a vu les numéros 3 et 4 du marché faire faillite et passer sous le pavillon d’un concurrent. Le marché B to B a disparu pour être remplacé par un marché B to C porté par le compte personnel de formation (CPF). Et dans ce marché heurté, ce qui se passe en ce moment pourrait avoir raison de ceux qui n’ont pas engagé cette transformation de leur modèle économique.