États-Unis : Les congés maladie au cœur de la lutte contre le coronavirus

Rester à la maison au lieu d’aller travailler ? Pas question ! Alors que des millions d’Américains n’ont toujours pas de couverture santé et que 55 % des salariés de l’hôtellerie et de la restauration – en contact permanent avec le public – n’ont pas accès aux congés maladie, la crise du coronavirus pourrait prendre des proportions catastrophiques outre-Atlantique. Les États-Unis sont en effet l’un des rares pays riches à ne pas imposer d’obligations aux employeurs en matière de congés maladie payés. Selon les chiffres de l’administration du travail, si 71 % des employeurs offrent des jours de congés maladie, seule la moitié alloue entre cinq et neuf jours, et encore, seulement après un an de bons et loyaux services dans l’entreprise. Un quart environ des sociétés proposent moins de cinq jours, tandis que certains salariés (dans des secteurs comme la banque, par exemple) ont droit à plus de dix jours. Et il est possible, évidemment, que les salariés touchés par le coronavirus aient déjà utilisé une partie de leur quota s’ils en ont un…

Mesures d’urgence

Au point que plusieurs entreprises revoient actuellement leur politique en la matière. La chaîne Starbucks, qui payait déjà des congés maladie, a décidé d’allouer à tous ses serveurs jusqu’à 14 jours de paie « pour catastrophe » s’ils ont été diagnostiqués ou exposés au coronavirus. Le géant de la distribution Walmart, plus grand employeur aux États-Unis (avec 1,5 million de salariés), peu généreux en matière de salaires comme de couverture sociale, a lancé une « mesure d’urgence », après qu’un de ses salariés a été testé positif dans le Kentucky. Immédiatement applicables, les mesures permettent aux salariés qui « ne sont pas en capacité de venir travailler ou se sentent inconfortables », de rester chez eux jusqu’à avril – sans avoir de sanctions pour absence, précise Walmart… Cependant, pour être payés pendant cette période, ils devront prendre des vacances. À moins qu’un magasin Walmart ou des salariés soient mis officiellement en quarantaine. Dans ce cas, l’employeur paiera deux semaines de congé – Et ne sanctionnera pas pour absence. Enfin, s’ils ne peuvent pas retourner travailler après cette période, un système de remplacement du salaire sera mis en place sur un maximum de 26 semaines.

La société de VTC Uber, de son côté, opposé jusqu’à présent aux congés maladie, a annoncé que les chauffeurs – l’un d’entre eux a été diagnostiqué à New York et hospitalisé – ou les livreurs infectés ou mis en quarantaine par les autorités recevront une aide financière pendant 14 jours, tandis que leur compte sera suspendu sur la plateforme.

Ces annonces font également suite aux pressions exercées par les syndicats et élus au Congrès pour accorder des congés payés pour maladie face à l’épidémie. Mais si Donald Trump a bien parlé d’une « aide aux salariés » en l’absence de congés maladie dans un récent discours, le même jour, les Républicains, majoritaires au Sénat, ont bloqué une initiative des élus démocrates en vue d’adopter un texte exigeant des employeurs l’octroi de congés maladie payés ainsi que la gratuité des tests…