RSE : Umanis développe le team building solidaire
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Comment se distinguer de la concurrence, en cette période de fortes tensions sur les métiers du numérique et apporter un supplément d’âme aux postes proposés ? Par la rémunération ? Par la qualité de vie au travail, thématique sur laquelle beaucoup d’ESN font des efforts ? Par la diminution des périodes d’intermission, au cours desquelles certains salariés sont inactifs, ou, pis, enclins à se tourner vers des sites d’offres d’emploi ? La direction d’Umanis a cherché une solution qui projette une image positive de l’entreprise et fasse sens auprès des candidats comme des salariés, tout en permettant d’utiliser les compétences internes entre deux missions chez un client.

« Sous l’impulsion du directeur général, Olivier Pouligny, nous avons réfléchi au mécénat de compétences », raconte Cyril Carretero, directeur marketing et communication d’Umanis. La société spécialisée dans les services numériques s’est rapprochée de Koeo, une plateforme de mécénat de compétences qui met en lien des associations d’intérêt général, dans des domaines allant de la défense du patrimoine au soutien aux personnes précaires, demandeuses de compétences extérieures, et des entreprises prêtes à « prêter » leurs salariés. « Non seulement les associations sont sélectionnées par la plateforme, ce qui est un gage de fiabilité et de diversité pour nos collaborateurs, mais en plus, le mécénat de compétences offre une défiscalisation partielle des salaires des collaborateurs détachés auprès d’associations – même si ce dernier point n’est pas l’essentiel dans notre démarche », précise Ève Royer, la DRH d’Umanis.

Enthousiasme

Lancé en juillet dernier sous le nom de Cœur Umanis, le mécénat de compétences fait mouche au sein de la société. « Nous devons presque freiner les collaborateurs ! », s’étonne Ève Royer. Sur les 3 000 salariés que compte l’entreprise, 80 ont déjà participé à des opérations : les uns ont repeint les murs d’une association, les autres ont aidé des personnes éloignées de l’emploi à refaire leur CV et préparer un entretien d’embauche, d’autres encore ont refait un site Internet ou dispensé des formations numériques. « Au total, ce sont 250 jours de mécénat de compétences qui ont déjà été effectués dans une vingtaine d’associations », précise la DRH. Et l’impact se fait sentir. Certes, il est trop tôt pour vérifier si le mécénat de compétences permettra de limiter le turnover parmi les salariés qui ont participé aux opérations – « nous espérons le voir en juillet prochain, au bout d’un an », indique Ève Royer – mais, au-delà de l’engouement que le dispositif génère, « une fois avoir offert leurs compétences à une association, certains salariés l’ont rejointe en tant que bénévoles », relève Cyril Carretero.

Mieux encore, Umanis a mis sur pied une nouvelle version du mécénat de compétences, en le transformant en team building solidaire. « Nous voulions organiser un événement spécial pour nos 40 recruteurs, qui embauchent environ 1 000 personnes par an, raconte encore le directeur marketing et communication, et nous avons monté, à la mi-décembre 2019, une journée de team building dans une maison de quartier à Saint-Ouen. Nos 40 recruteurs y faisant tour à tour de la peinture dans les locaux puis conseillant des personnes précaires dans la refonte de leur CV. » Fiers d’avoir pu se rendre utiles, à travers une activité de groupe et inédite, « les recruteurs ont été comblés, se félicite Ève Royer. Et comme ils ont expérimenté eux-mêmes le mécénat de compétences, ils sauront parfaitement en parler aux candidats qu’ils rencontreront à l’avenir », dit-elle. De quoi les convaincre de rejoindre l’entreprise grâce à ce supplément d’âme dans le travail…

Un nouveau réflexe

Depuis, l’idée ne cesse de faire tache d’huile. Ainsi, pour la journée qui réunit l’ensemble des managers d’Umanis, de même que pour les rendez-vous du comité de direction, la DRH propose désormais une journée ou une demi-journée au service d’une association. « C’est une bonne façon, pour la direction, de montrer l’exemple, avance Ève Royer, et cela permet à chacun de garder les pieds sur terre, en étant sensibilisé à des problèmes sociétaux. Cela rentre vraiment dans un cadre plus large de responsabilité sociale de l’entreprise », conclut-elle.