Apprentissage : NGE ouvre le premier CFA d’entreprise dans le bâtiment
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NGE (Nouvelles Générations d’Entrepreneurs) a créé son école interne, Plateforme, il y a quinze ans. « À l’époque, nous recrutions des candidats en fonction de nos besoins, mais nous ne trouvions pas les formations adéquates à leur proposer : les CFA ne répondaient pas à nos cahiers des charges, ce qui générait des incompréhensions et des frictions, c’est pourquoi nous avons lancé notre école », raconte Bruno Pavie, DRH de NGE. La promulgation de la loi « pour le choix de son avenir professionnel », le 5 septembre 2018, a permis à l’entreprise du bâtiment d’aller plus loin. En libérant l’offre de formation par apprentissage, la loi autorise en effet les sociétés à lancer leur propre centre de formation des apprentis (CFA) sous l’égide du ministère du Travail.

NGE fait partie des premières entreprises à avoir sauté le pas, avec Adecco (métiers du recrutement) et le groupe Nicollin (métiers des services à l’environnement) notamment. NGE est la première école du secteur du BTP à être certifiée CFA, depuis la réforme de la formation professionnelle continue. « Nous avions les locaux, les modules pédagogiques, les ressources, les formateurs… Tout était prêt et ce passage en CFA valorise notre formation en permettant à nos élèves de formaliser un diplôme reconnu par le ministère du Travail. Aujourd’hui, nous emmenons nos candidats vers un métier et un diplôme », se réjouit Bruno Pavie alors que la réforme a aboli l’autorisation administrative des régions, jusqu’alors nécessaire à toute ouverture de CFA. Une simple déclaration suffit désormais.

Reconnaissance et motivation

« Nous avons des difficultés pour recruter un encadrement intermédiaire fiable, or les chefs de chantier sont la pierre angulaire de la chaîne hiérarchique sur le terrain. Nous formions certains de nos salariés, mais si aujourd’hui nous leur permettons de valider à l’issue du parcours un titre professionnel reconnu, nous atteignons un niveau de motivation qui fait partie de la saine gestion d’une entreprise », souligne-t-il.

En pratique, NGE propose trois formations par apprentissage reconnues, ouvertes depuis la rentrée de septembre : métiers de la route, maçon voiries et réseaux divers, et métiers d’encadrant de chantier. « Notre but premier est de former les candidats motivés par nos métiers, mais qui n’ont pas la formation initiale, et de les embaucher ensuite. Dans un premier temps, nous recruterons 100 % de nos élèves, avant pourquoi pas, dans une paire d’années, de former des candidats pour des PME intéressées », souligne le DRH. Une dizaine d’élèves sont actuellement en formation. « Nous sommes encore aux prémices », rappelle Bruno Pavie.

Les sessions durent entre 300 et 800 heures par an, en alternance entre l’école et l’entreprise. Aux syndicats qui critiquent la mainmise du patronat sur la formation dans ces CFA d’entreprise et la formation de candidat pour une entreprise et non un secteur, Bruno Pavie oppose une non-concurrence et une complémentarité. « Nous n’avons pas vocation à enseigner les matières générales et sommes prêts à nouer des partenariats avec des CFA de l’Éducation nationale pour ces cours et la délivrance de diplôme de niveau bac pro ou BTS. Nous formons des élèves qui seront opérationnels pour travailler chez nous mais aussi pour d’autres sociétés dans la suite de leur carrière, voire à l’étranger. Nous pensons investir dans un simulateur de conduite pour le CFA, ce que nous n’aurions pas fait sans cette reconnaissance de l’État », insiste-t-il. En parallèle du CFA, l’école interne Plateforme reste ouverte afin d’assurer la formation continue. Elle a délivré l’an dernier 180 000 heures de formation à près de 6 500 stagiaires.

Un objectif de 10 000 embauches

Le CFA de NGE a été inauguré en présence de la ministre du Travail Muriel Pénicaud le 17 décembre dernier. « En deux ans, nos effectifs ont progressé de plus de 30 %. Après avoir recruté 2 000 salariés en 2018, nous prolongeons nos efforts avec un objectif de 10 000 embauches d’ici à 2024 », soulignait alors le président de NGE Antoine Metzger pour qui l’apprentissage est « une voie d’excellence » qui contribue « à lutter contre le chômage et la déscolarisation des jeunes, notamment à travers l’insertion professionnelle. »

À côté des 965 CFA existants, 550 projets de nouveaux centres sont actuellement recensés par le ministère du Travail, dont 300 qui ont déjà vu le jour ou ouvriront début 2020. « Ces nouveaux CFA répondent à des besoins du marché de l’emploi qui ne sont pas ou pas suffisamment couverts », rappelle le ministère.