Formation : faut-il croire aux prouesses de la réalité virtuelle ?
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Le monde de la formation de demain sera-t-il peuplé de vidéos 3D, d’avatars, plongeant les salariés dans des mises en situation de travail proches du quotidien ? Si le marché de la réalité virtuelle (dite « RV ») reste balbutiant, ce livre d’Émilie Gobin Mignot et Bertrand Wolff, fondateurs d’une start-up dans ce domaine, est une ode aux promesses « de cette immersion hors normes ». Les auteurs y campent les principes de ces expériences immersives, qui « transformeraient radicalement les procédés d’apprentissage traditionnels », en stimulant les sens et les réactions des salariés plongés dans des environnements de travail plus vrais que nature. Capacité d’autoprojection (concept « d’embodiment »), possibilité d’interagir avec des clients, d’empathie avec des patients, ou de répéter des gestes très proches du réel, les auteurs vantent l’étendue et la « puissance inouïe » de ces vidéos virtuelles qui renforceraient « l’ancrage mémoriel ». Une opinion très orientée…

De la prévention des risques au management

Au travers de cas d’entreprises et de témoignages de DRH et de responsable de formation, l’ouvrage a néanmoins l’intérêt de montrer que les expérimentations en réalité virtuelle se diversifient : formation à la sécurité et aux risques professionnels déployée chez Sodexo ou Bouygues, familiarisation au poste de travail chez PSA ou initiation à la peinture industrielle chez Alstom. Mais aussi compétences comportementales, comme ce simulateur de prise de parole en public, testé chez Orange ou EDF, qui plonge le manager devant un auditoire virtuel pour vaincre le trac. Les exemples, y compris chez l’américain Walmart qui l’a déployé à grande échelle pour ses vendeurs en magasin, sont assez inégaux. Mais les témoignages permettent de voir que ces séquences « en immersion » nécessitent la présence d’un formateur ou d’un coach, et sont utilisées en complément de stages en présentiel et d’e-learning : « Les éléments pédagogiques et l’accompagnement humain sont essentiels », rappellent les auteurs. S’ils prêchent pour leur paroisse, estimant « que la démocratisation de la VR est en marche » avec des casques moins chers, on peine à comprendre l’apport des start-up positionnées sur ce créneau. À lire pour se familiariser avec cet outil, avec un œil critique sur une performance très glorifiée.