Paritarisme : Plus de 126 millions d’euros pour financer patronat et syndicats

Les années passent et le périmètre de l’AGFPN (Association de gestion du fonds paritaire national) s’élargit. En 2015, année de sa mise en place, elle couvrait quelque 300 organisations patronales et syndicales. En 2018, elles étaient 378 à se partager les crédits alloués au titre de leur gestion des organismes paritaires et de leur participation aux politiques publiques, pour un total de 126,7 millions d’euros, soit 3,6 millions de plus que l’année précédente. Une cagnotte appuyée sur une contribution de 0,016 % de la masse salariale des entreprises (95 millions d’euros) et une dotation d’État (32 millions d’euros) que syndicats de salariés et organisations patronales se sont partagée à hauteur, respectivement, de 85,4 et 41,3 millions d’euros.

Côté syndicats, la CFDT arrive en tête avec 19,5 millions d’euros, suivie par la CGT (18,9 millions), FO (15,49 millions), la CFE-CGC (139 millions) et la CFTC (11,79 millions). Chez les organisations non représentatives, Solidaires a reçu 2,7 millions d’euros et l’Unsa 3,89 millions. Pour les employeurs, le Medef a encaissé 13,2 millions d’euros, la CPME 7,39 millions et l’U2P 4,59 millions. Chez les organisations relevant du secteur multiprofessionnel, les employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes) ont reçu 404 797 euros, ceux de l’agriculture (FNSEA) 182 530 euros et les employeurs du secteur culturel et artistique de la Fesac 255 027. Au niveau des organisations de branches, l’UIMM (métallurgie) arrive en tête avec un pactole de 2,07 millions suivi du Syntec (859 849 euros), de la Fédération du commerce et de la distribution (524 082), du Prism’Emploi pour l’intérim (523 461 euros) et de la Fédération du bâtiment (470 836 euros). Lanternes rouges, France Conseil Elevage et la Fédération départementale des coopérations laitières du Doubs qui reçoivent chacune… un euro !

En tout, 31 organisations ont touché moins de 1 000 euros. Une situation que Jean-Claude Volot, premier président (Medef) de l’AGFPN, jugeait déjà absurde lors de l’exercice initial du fonds en 2015 et à laquelle il avait souhaité mettre fin. En vain. À voir si le nouveau président de l’Association, Jean-Luc Raunicher, lui aussi étiqueté Medef, aura plus de chance dans un contexte marqué à la fois par le rapprochement des branches professionnelles et une nouvelle extension du nombre d’organisations couvertes par l’AGFPN. Elles sont 460 en 2020.