Inde : Les salariés contre la politique sociale de Modi

Pas moins de dix syndicats, qui comptent au total quelque 250 millions d’affiliés, ont appelé à la grève pour le 8 janvier dernier en Inde, afin de protester contre les politiques mises en place par le gouvernement (de droite ultra-conservatrice) du premier ministre Narendra Modi. Selon les syndicats, des millions de salariés ont effectivement fait grève. Au-delà des demandes d’augmentation du salaire minimum, les manifestants voulaient montrer leur refus d’une politique sociale visant avant tout une plus grande flexibilité du marché de l’emploi – ce que les syndicats considèrent comme une précarisation accrue – associée à des assouplissements des contraintes pour les employeurs, aussi bien sur la santé que la sécurité des travailleurs. Enfin, le gouvernement Modi tente de réduire l’influence des syndicats en exigeant qu’ils représentent 75 % des salariés dans une entreprise donnée pour être officiellement reconnus par l’employeur. Les syndicats indiens ont donc exigé, lors de cette journée de grève générale, que le salaire minimum soit porté à 21 000 roupies (264 euros), que le pays s’engage à ratifier les conventions de l’Organisation internationale du travail, et que les mesures « anti-sociales » récemment introduites par l’actuel gouvernement, dont la privatisation de diverses entreprises publiques, soient retirées. Pas sûr que le gouvernement Modi réagisse positivement. Avant même le 8 janvier, il avait prévenu que ceux qui feraient grève devraient subir « les conséquences », notamment sous forme de déductions sur leur salaire et de mesures disciplinaires.