Améliorer son raisonnement
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On pense analyser correctement les situations, décider avec logique et cohérence, or notre raisonnement est influencé par une série de mauvaises habitudes dont nous n’avons pas toujours conscience.

S’entourer de ce qui nous ressemble. On croit être ouvert à beaucoup d’idées, s’intéresser aux différents points de vue, en fait on a surtout tendance à s’entourer d’informations qui nous ressemblent. Sites web, radios, blogs, échanges sur les réseaux sociaux, on va chercher des personnes qui nous plaisent ou raisonnent comme nous. Sans parler des amis que l’on côtoie, bien sûr. C’est humain, mais notre façon de penser s’en trouve fortement biaisée. Nous finissons par nourrir un « angle mort », en éliminant de notre environnement toute une part de la réalité.

Penser que l’on a raison. Qui n’aime pas avoir raison ? C’est effectivement un bon moyen de se rassurer sur ses choix. Lorsqu’une décision se révèle inadaptée, on cherche spontanément à justifier sa position, parfois par des raisonnements bizarres. L’individu n’aime pas reconnaître ses erreurs. Il préfère tordre le réel ou l’enjoliver afin de retomber sur ses pieds. Alors qu’il vaudrait mieux dépasser cette myopie personnelle pour observer et prendre en compte les faits que l’on avait ignorés.

Juger plutôt qu’observer. L’être humain a facilement un avis sur tout : les personnes, les événements, les idées… Nous sommes plus souvent en position d’évaluation que de bienveillance, et cela nous rend vite partisans. Pour améliorer la qualité de sa pensée, il faudrait pouvoir suspendre le jugement, et s’entraîner à l’observation, l’écoute, l’exploration curieuse, la prise en compte d’une situation sous ses multiples facettes. C’est loin d’être facile, tant le réflexe est ancré.

Prendre ses émotions pour des intuitions. « J’ai l’intuition que… ». Est-on sûr que c’est de l’intuition ? On souhaite quitter son entreprise, mais on appréhende le grand saut ? On se dit qu’intuitivement mieux vaut attendre l’année prochaine. On souhaite lancer un service nouveau auquel on croit dur comme fer ? On se persuade qu’il faut faire vite avant que d’autres aient la même idée. Rien d’intuitif dans tout cela, la première situation est inspirée par la peur, la seconde par le désir que notre rêve devienne réalité. L’intuition est beaucoup plus neutre, c’est une voix intérieure indépendante de nos états d’âme. Encore faut-il savoir l’écouter… au milieu de notre tumulte émotionnel !

Ne pas lâcher si près du but. Nous avons par exemple travaillé sur un projet, investi du temps, de l’argent, des émotions, mais le résultat ne semble pas à la hauteur de ce que l’on imaginait. La sagesse serait d’arrêter pour passer à autre chose. Mais le piège se présente… Notre raisonnement nous incite à penser que nous sommes près du but, on ne va tout de même pas jeter tous nos efforts au panier ! Le sentiment de perte serait trop douloureux. On ne pense même pas à ce que l’on gagnerait à pivoter vers autre chose. Et pourtant… Le futur ne se construit pas en regardant derrière soi.

Que d’habitudes à revoir et de réflexes culturels à changer ! Toute une éducation à refaire, presque ! Curieusement, il faut désapprendre avant d’apprendre.