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L’enjeu des compétences, un engagement collectif

Rendez-vous experts | publié le : 16.12.2019 | Myriam El Khomri, Bertrand Martinot

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L’enjeu des compétences, un engagement collectif

Crédit photo Myriam El Khomri, Bertrand Martinot

Il est temps que la question du développement des compétences prenne toute sa place dans l’entreprise et dans le dialogue social, et de sortir des accords de GPEC incantatoires ou se limitant à rappeler les textes en vigueur pour entrer dans le concret.

Gagner la bataille des compétences est un enjeu collectif. Cependant, si cette idée est à peu près admise par tous, car il y va de la compétitivité de nos entreprises dans un monde où le capital est de plus en plus immatériel, et parce que la capacité de chacun à se former, à évoluer et à se remettre en question dans un contexte de mutations profondes des métiers est la seule véritable réponse au problème de l’employabilité, nous tâtonnons encore sur les solutions à mettre en œuvre pour y parvenir. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut partir du regard des actifs eux-mêmes si l’on veut progresser et c’est dans cet objectif que Siaci Saint Honoré a réalisé avec l’Ifop une étude sur leurs ressentis quant à la transformation de leurs métiers1 et la façon dont ils s’y préparent.

Les résultats sont riches d’enseignements. Tout d’abord, ils montrent que la plupart des Français (78 %) sont satisfaits de leur situation professionnelle actuelle. Nous pouvons nous en réjouir, tant nous entretenons collectivement une vision pessimiste de la façon dont notre pays relève certains défis économiques et sociaux. Le monde du travail n’est pas qu’oppression, souffrance et humiliation. Bien au contraire.

L’étude révèle, ensuite, que nos concitoyens font preuve d’une grande lucidité. L’immense majorité des actifs (87 %) sont conscients que leur métier changera dans les prochaines années et plus d’un tiers d’entre eux (36 %) pense même que cette transformation sera forte, voire radicale. Il est intéressant de noter que leur analyse sur ce point a évolué : ce sont bien les nouvelles technologies qui sont pointées comme principal facteur des bouleversements à l’œuvre. Les délocalisations qui, au cours des années 2000, étaient au centre des débats ne sont plus citées que pour moitié. Mais si, dans les esprits, la concurrence des machines a supplanté celle des pays à bas salaires, les résultats qualitatifs de l’étude ne montrent pas pour autant un rejet du progrès technique, dont les avantages et les inconvénients sont mentionnés de manière équilibrée.

En revanche, ces mêmes actifs se sentent singulièrement démunis face aux choix qu’ils vont devoir opérer en matière d’orientation et de formation.

Ni leur encadrement, ni leur DRH, ni les syndicats ne semblent, à leurs yeux, jouer un véritable rôle d’accompagnateur dans ce domaine. Le message qui ressort est le suivant : « Le présent va bien, mais je n’ai pas les moyens de me projeter sereinement dans l’avenir ».

Si cette situation est contre-productive au plan économique et social, elle est explosive au plan politique, d’autant que les clivages sont de plus en plus marqués entre ceux qui ont reçu une formation initiale solide et les autres. C’est donc sur cette situation qu’il convient d’agir. Et si l’appli CPF est un outil techniquement utile, il ne peut néanmoins y avoir de réponse uniquement individuelle.

Le malaise est bien collectif et les réponses à y apporter doivent en partie être collectives.

Il s’agit à présent de répondre aux vraies questions : comment construire des parcours professionnels dans et à l’extérieur de l’entreprise, vers quels métiers, avec quelles formations, quels appuis externes, quel usage du CPF et avec quel financement ?

Les outils existent, il faut s’en emparer !

(1) Référence sur le site de l’Ifop.

Auteur

  • Myriam El Khomri, Bertrand Martinot