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Sur le terrain

Insertion : Sopra Steria cultive l’ouverture sociale

Sur le terrain | publié le : 22.04.2019 | Lys Zohin

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Chez Sopra Steria, les directeurs de projet ont, cette année encore, été sensibilisés au fait qu’ils accueilleront prochainement dans leurs équipes des personnes éloignées de l’emploi. Depuis dix ans en effet, l’entreprise de services numériques se mobilise en faveur de l’insertion professionnelle de tous. Lorsque, en juillet dernier, le gouvernement a lancé un plan de mobilisation nationale pour les habitants des quartiers prioritaires, Sopra Steria y a vu non seulement la reconnaissance de l’efficacité des initiatives déjà mises en œuvre depuis plusieurs années, mais aussi une occasion de renforcer son dispositif. « Nous sommes l’un des premiers recruteurs de jeunes diplômés en France, il était donc normal et naturel de nous inscrire dans cette nouvelle démarche d’ouverture sociale et de diversité, d’autant que nous sommes convaincus que l’économie peut largement favoriser l’insertion », souligne Consuelo Bénicourt, directrice responsabilité sociale de l’entreprise chez Sopra Steria.

Accompagnement humain

Depuis dix ans, Sopra Steria recrute chaque année entre 100 et 200 personnes éloignées de l’emploi sur près de 20 000 salariés que compte l’entreprise de services numériques (ESN) en France. En outre, ces initiatives s’inscrivent aujourd’hui dans les clauses d’insertion prévues dans le cadre des marchés publics.

Aujourd’hui, grâce à une collaboration avec Pôle emploi, l’entreprise détecte les profils qui pourraient intégrer son programme de reconversion via une formation aux métiers du numérique. « Cette phase de sélection, durant laquelle le candidat passe des tests, est primordiale, indique Consuelo Bénicourt. Nous voulons être sûrs que les candidats appréhendent bien nos métiers. Un entretien individuel nous permet de vérifier qu’ils ont bien la volonté de changer de métier ou de branche et qu’ils ont fait le “deuil”, éventuellement, d’une formation initiale qui n’a pas permis de décrocher un emploi. » Une fois ces étapes franchies, place à la formation en alternance avec, à la clé, un CDI. « L’aspect humain est très important, relève la directrice responsabilité sociale de l’entreprise, les personnes éloignées de l’emploi n’ayant pas toujours “les codes” de l’entreprise. Ils seront accompagnés par un tuteur en proximité qui les guidera au quotidien et pourra même leur préconiser une formation complémentaire si nécessaire. »

Innovation sociale

Le résultat est à la hauteur des efforts déployés puisque, une fois intégrés dans l’entreprise, ces nouveaux collaborateurs évoluent de la même façon que ceux qui ont suivi dès le début un cursus dans le numérique, précise Consuelo Bénicourt. Signe que le milieu social d’origine et le parcours – aussi haché soit-il – n’obèrent pas les chances de succès professionnel… Même l’Epec, un acteur de l’emploi du territoire parisien qui développe des parcours intégrés d’accès à l’emploi pour des publics très éloignés du marché du travail, « a été surpris par notre programme de reconversion », indique la directrice responsabilité sociale de l’entreprise.

Fort de ces avancées, Sopra Steria poursuit sa route. Le groupe s’est ainsi engagé sur le plan de mobilisation des entreprises « La France, une chance. Les entreprises s’engagent ! », porté par le ministère du Travail en faveur de la mobilisation des entreprises, de l’inclusion et de l’emploi. Dans ce cadre, l’ESN, accompagnée par l’association Article 1, une structure qui met en place des activités telles que des opérations portes ouvertes dans les entreprises, offre aux jeunes la possibilité de mieux connaître les différentes filières menant à une orientation professionnelle ciblée. Dans ce cadre, « nous avons accompagné 138 jeunes l’an dernier à Toulouse », indique ainsi Consuelo Bénicourt. Et, cette année, le groupe élargit son action sur l’ensemble du territoire.

Enfin, parce que certains élèves du secondaire, dans les quartiers dits prioritaires, ont du mal à décrocher un stage de découverte en entreprise, Sopra Steria s’est engagé à accueillir chaque année 50 collégiens de 3e en stage de découverte. Le 11 avril a également commencé une opération menée avec l’association Tous en stage, qui permettra d’accueillir une classe ULIS (dispositif visant le maintien d’élèves en situation de handicap en milieu scolaire ordinaire) composée d’enfants handicapés et issus de milieux défavorisés.

Au-delà des quartiers dits sensibles, l’ESN cible également la France périphérique, celle qui s’est largement exprimée dans le mouvement des Gilets jaunes… Pour prendre en compte les difficultés de ces populations, Sopra Steria s’est rapproché de l’association Chemins d’avenirs, dont le but est de révéler le potentiel des jeunes de la France péri-urbaine et rurale. « À travers des outils numériques, les collaborateurs de Sopra Steria épauleront une dizaine de personnes par an et les accueilleront ensuite en stage chez nous », indique Consuelo Bénicourt.

Accompagner les jeunes femmes

Les femmes sont encore peu nombreuses dans le secteur du numérique. Mais pas question, pour Sopra Steria, d’en rester au constat de carence. Pour tenter de les inciter à y trouver un emploi ou à s’y reconvertir, Sopra Steria s’est récemment rapproché de Pôle emploi à Lille et de Social Builder, une start-up sociale qui œuvre pour la mixité et l’égalité femmes-hommes dans les métiers du numérique et dans l’entrepreneuriat. L’objectif, pour l’ESN, est d’épauler celles que Social Builder appelle des « Etincelles ». Sopra Steria recrute par ailleurs chaque année trois ou quatre femmes spécifiquement issues de ce programme. En outre, toujours avec Pôle emploi, le groupe vient de lancer une initiative sur la région lilloise avec le programme Passer’Elles Sopra Steria afin d’aider des femmes en recherche d’emploi à se réorienter vers les métiers du numérique. Enfin, par le biais de l’association Maison des jeunes talents, Sopra Steria soutient financièrement pendant deux ans deux jeunes filles issues de milieux modestes et en situation de handicap, pour qu’elles puissent aller en classes préparatoires afin de passer les concours des écoles d’ingénieurs ou de commerce. Là encore, l’objectif est qu’elles puissent se forger un avenir professionnel sans que leur origine socioculturelle soit un obstacle.

Auteur

  • Lys Zohin