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« Les salariés oscillent entre colère et abattement »

Le point sur | publié le : 25.03.2019 | Gilmar Sequeira Martins.

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« Les salariés oscillent entre colère et abattement »

Crédit photo Gilmar Sequeira Martins.

Personne n’a, pour l’instant, vraiment chiffré la casse sociale que représentera la transformation des Fongecif et CPIR. Face aux risques de destruction d’emploi, les syndicats déplorent le silence des directions et des administrateurs paritaires.

Quelle est l’ambiance chez les salariés des Fongecif à l’heure de la transformation en CPIR ?

Certains sont déjà partis ou recherchent un poste ailleurs, et d’autres sont toujours présents mais inquiets. La majorité oscille entre colère et abattement. Nous ne comprenons pas cette réforme qui nous fait disparaître et que nous mettons pourtant en place pendant cette année de transition. Nous n’avons reçu aucune garantie de transfert des salariés. Nous avons interpellé la ministre du Travail à plusieurs reprises, tout comme Stéphane Lardy, directeur général de France Compétences aujourd’hui, rencontré des députés et des sénateurs avant l’adoption des décrets. Nous n’obtenons que des réponses du type : « Il faut attendre la sortie des décrets, il faut attendre l’ANI, il faut attendre l’appel d’offres »… En interne, nous avons demandé à pouvoir assister aux conseils d’administration des Fongecif mais quelques-uns seulement ont accepté. Nous avons aussi demandé à assister aux Copil et aux Comex, qui sont les instances de réflexion nationales des Fongecif et nous avons essuyé un refus en bloc, alors qu’aujourd’hui nos employeurs ne peuvent pas faire sans nous, les élus des salariés.

La réforme risque-t-elle d’entraîner de la casse sociale au sein des Fongecif ? L’avez-vous chiffrée ? Et sur quels postes ?

Clairement oui. Les 17 Fongecif de métropole et des DOM-TOM emploient 900 personnes, répartis à parts égales entre, d’un côté, les personnels d’accueil et de conseil, et, de l’autre, les gestionnaires qui instruisent les dossiers et les personnes chargées des fonctions support. Dans la seconde catégorie, certains pourront être repris dans les CPIR mais nous ne savons pas combien. Cela dépendra aussi des missions des CPIR. Soit ils ne seront chargés que d’instruire des dossiers à distance et n’auront pas besoin de personnes en lien avec les demandeurs, soit ils pourront aussi assurer une présence territoriale et auront des besoins élargis. Une fois signé l’ANI qui doit fixer les missions et le fonctionnement des futurs CPIR, il sera plus simple d’établir un état des besoins pour voir quels sont ceux qui pourront être pourvus par les actuels salariés des Fongecif. Le sort de ceux qui sont spécialisés dans le conseil est encore plus incertain. Il dépendra des éventuelles réponses à l’appel d’offres CEP lancés par France Compétences et de la capacité des Fongecif/CPIR à y répondre.

Les gouvernances paritaires des Fongecif contribuent-elles à faciliter le reclassement des salariés en partance ?

La situation est très diverse. Une majorité des conseils d’administration refuse d’évoquer tout reclassement ou d’éventuels PSE. Certains expliquent que la question ne se pose pas puisqu’ils n’envisagent aucune sortie de salarié, d’autres sont dans le déni ou refusent de communiquer sur le sujet. D’autres ont accepté que leurs collaborateurs se lancent dans des formations pour préparer leur évolution professionnelle. Des ruptures conventionnelles ont aussi été conclues. La spécialisation des missions, consécutive à la réforme de la formation professionnelle, qui distingue le conseil de l’instruction des dossiers, est prise en compte par certains Fongecif. Les missions actuelles évoluent déjà, on le voit sur le terrain. Cette prise en compte est un aspect positif car elle peut faciliter la transition de certains collaborateurs vers les structures futures. Pour ce qui est de tous les autres salariés, une minorité de Fongecif accepte qu’ils suivent des formations leur permettant de partir ailleurs mais une majorité refuse.

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins.