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Le fait de la semaine

Organismes de formation : Le marché s’attend à des secousses en 2019

Le fait de la semaine | publié le : 04.02.2019 | B. D’A.

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Les organismes prestataires de formation ont à peine eu le temps de digérer la réforme de 2014 que, déjà, celle du 5 septembre 2018 vient rebattre les cartes du jeu et bousculer leur marché. « L’accélération des réformes de la formation est toujours source d’inquiétudes pour nos adhérents. Ils sortent seulement du chantier qualité et les voilà aussitôt replongés dans un nouvel environnement ! », observe Michel Clézio, président du Synofdes, le syndicat des organismes de formation de l’économie sociale, qui regroupe la plupart des acteurs à but non lucratif. « Une nouvelle phase de transition, c’est toujours délicat », abonde Olivier Poncelet, délégué général de la Fédération de la formation professionnelle (FFP), la principale association des organismes privés.

Difficile, en effet, pour les professionnels du secteur d’oublier les conséquences immédiates de la précédente réforme qui avait vu la création du CPF, mais surtout la disparition de la cotisation employeur de 0,9 % de la masse salariale destinée à financer le plan de formation des entreprises.

Le marché avait alors connu une baisse générale de près de 20 % de son chiffre d’affaires, certains prestataires accusant même des pertes de l’ordre de 50 %.

L’année blanche pas exclue

Et vu l’ampleur du « Big Bang » engagé par Muriel Pénicaud (CPF monétisé, abandon des contributions mutualisées des entreprises sauf pour les moins de 50 salariés, fléchage des fonds vers les demandeurs d’emploi et l’alternance), le secteur de la formation peut s’attendre à de nouvelles secousses, notamment une dégringolade de la dépense de formation des entreprises de 50 à 300 salariés, et une nouvelle restructuration du marché. « On n’exclut pas que 2019 soit une année blanche pour nos adhérents », confirme Christophe Quesne, administrateur de la FFP.

« La reconfiguration du marché à la hussarde est une conséquence possible de cette réforme : les exigences en matière de qualité seront plus importantes qu’hier.

Certains organismes, surtout les plus petits, risquent d’avoir du mal à s’adapter », souligne Michel Clézio.

Pour autant, les opportunités offertes par la réforme Pénicaud apparaissent plus nettement aux entreprises du secteur qu’en 2014. À en croire le 21e baromètre réalisé par la FFP auprès de ses 651 adhérents de septembre à novembre 2018 (c’est-à-dire avant la publication des décrets accompagnant la loi « avenir professionnel »), 98 % des sondés jugent que la réforme pourrait être source de nouvelles opportunités. 80 % anticipent des impacts positifs de l’élargissement de la définition de l’action de formation et 30 % y voient même une possibilité de développement de leur activité (alors que 43 % estiment qu’elle demeurera stable).

Principal motif de cette confiance : la possibilité pour les organismes de formation d’ouvrir des centres de formation d’apprentis (CFA) sans autorisation administrative préalable des régions. Un nouveau monde dans lequel les plus gros des acteurs du marché entendent bien entrer.

En revanche, la monétisation du CPF, la création de Pro-A ou la transformation du CIF en CPF de transition suscitent moins d’enthousiasme. Du côté des organismes de l’ESS, qui travaille essentiellement sur la commande publique et la formation à destination des demandeurs d’emploi, le principal focus reste le plan d’investissement compétences (PIC) jugé beaucoup plus créateur d’opportunités – notamment en matière de développement de nouvelles ingénieries de formation – que le « plan 500 000 » de 2015.

Auteur

  • B. D’A.