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Contrats courts : « La précarité doit être prise en compte »

L’actualité | publié le : 04.02.2019 | Gilmar Sequeira Martins

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Contrats courts : « La précarité doit être prise en compte »

Crédit photo Gilmar Sequeira Martins
Comment analysez-vous la tournure que prennent les négociations sur l’assurance chômage avec le départ de la table des négociations du Medef et de la CPME ?

La situation actuelle renvoie au modèle social français porté par le gouvernement. Le gouvernement s’inspire des modèles de flexisécurité scandinaves : les ordonnances Travail sont le volet flexibilité, la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel et les négociations sur l’assurance chômage renvoient au volet sécurité.

Ce nouveau modèle social tend à responsabiliser les acteurs mais un paradoxe demeure : l’État reste très présent dans le processus alors qu’il est absent de celui en vigueur, par exemple, au Danemark. En France, l’État ne participe pas directement aux négociations, son rôle n’est pas clairement déterminé ni son impact sur l’issue des négociations.

Cela crée une impureté dans le schéma de négociations qui peut conduire à des ruptures. C’est le message qu’ont fait passer le Medef et la CPME. C’est un problème traditionnel en France : les partenaires sociaux ont du mal à construire des compromis, d’où l’intervention de l’État qui fixe un cadre et des marges de manœuvres à la négociation. Les acteurs sociaux réclament que l’État les laisse tranquille tout en voulant être informés de ce qu’il va dire et du cadrage qu’il va fixer. La sortie du Medef et de la CPME fait donc partie du déroulé habituel des stratégies de négociations.

Elle devrait amener l’État à clarifier sa position pour relancer les discussions.

Le principe du bonus-malus vous semble-t-il être un outil capable de faire avancer la négociation, réduire la précarité/permittence et rétablir les comptes de l’assurance chômage ?

Dans le nouveau modèle social que porte le gouvernement, la question de la précarité doit être prise en compte.

C’est une caractéristique du marché du travail français. La France est désormais le 2e pays européen qui a le plus recours aux contrats courts. Le bonus-malus a le mérite de traiter la question de la précarisation du contrat de travail.

Pour autant, si l’objectif se borne à freiner les entreprises d’avoir recours aux contrats courts, cela n’aura pour effet que de poser une nouvelle contrainte et d’augmenter le coût du travail.

La question qui se pose vraiment est de rallonger la durée des CDD et de permettre aux salariés d’avoir à leur disposition les outils pour se former et améliorer leur employabilité.

Quel rôle joue le dispositif du bonus-malus dans les négociations actuelles ?

La question du bonus-malus est un élément important des négociations actuelles sur l’assurance chômage car il les oriente vers la sécurisation des salariés qui entrent sur le marché du travail.

Il faut aller vers un système qui donne à chacun les outils lui permettant d’être responsable de son parcours professionnel. Cela passe aussi par la responsabilisation des entreprises.

Il faut qu’elles allouent des moyens et facilitent l’accès des salariés à des dispositifs qui permettent d’améliorer leur employabilité.

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins