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Sur le terrain

Insertion : Une formation à la fibre pour booster l’emploi dans le Grand Est

Sur le terrain | publié le : 19.11.2018 | Lucie Tanneau

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Un métier très demandé, mais très méconnu. Les câbleurs-raccordeurs de réseaux fibre optique sont aujourd’hui recherchés par les entreprises. Mais le personnel qualifié dans le secteur reste rare. Le centre de formation Alméa Interpro (qui regroupe les quatre anciens CFA de Champagne-Ardenne depuis le 1er janvier 2016) a donc imaginé une formation courte destinée à des jeunes déscolarisés et en difficulté, de 16 à 25 ans. « Nous avons mis en place des sessions de six semaines au centre, suivies de trois semaines de stage », présente Jean-Christophe Barbier, en charge des formations aux télécommunications et réseaux chez Alméa, et directeur pédagogique du programme.

Deux plateaux techniques intérieurs et extérieurs ont donc été créés sur le site du CFA de Bussy-Lettrée, à deux pas de l’aéroport de Paris-Vatry (Marne), afin de mettre les jeunes en situation, face à des boîtiers électriques d’immeubles, des fils de cuivre, des câbles à tirer en aérien ou en souterrain et des soudures de fibre à effectuer. Le programme est adapté au territoire alors que la fibre optique est aujourd’hui en plein déploiement sur toute la région. « C’est une action de préqualification qui permet aux jeunes de connaître les premiers gestes techniques du métier et peut leur donner envie d’aller plus loin en entreprise, si leur stage se passe bien, ou en choisissant de continuer en formation pour obtenir le titre professionnel de câbleur-raccordeur de réseaux fibre optique (RNCP niveau 5) », encourage Jean-Christophe Barbier. Car le secteur recrute. Les techniciens de raccordement sont aujourd’hui une denrée rare. Les entreprises se montrent d’ailleurs intéressées par cette nouvelle proposition de formation.

Un partenariat a été conclu avec Sogetrel (qui prend quatre jeunes en stage). Orange, Spie Batignolles et plusieurs sous-traitants de Losange déploiement ont aussi rencontré les responsables pédagogiques. « Les plombiers de la fibre » sont une réponse à un besoin des entreprises et au chômage des jeunes, élevé sur le territoire (proche de 25 %). Avec un frein principal : la mobilité. La pose de la fibre optique suppose des déplacements. Pour les jeunes sans permis engagés dans la formation, la suite du parcours sera donc plus problématique, même si quelques entreprises ont accepté d’imaginer des solutions pour le temps des stages.

Mieux « vendre » ces métiers

Outre le permis, le centre de formation Alméa insiste sur les compétences requises pour entrer dans le secteur de la fibre : un bon physique pour le travail en extérieur, mais aussi de la rigueur et de la précision, ainsi qu’une bonne vue, pour le travail de soudure de la fibre, extrêmement minutieux.

« Nous présentons les prérequis aux prescripteurs – services publics de l’emploi, missions locales, Pôle emploi – avec des démonstrations en extérieur si possible, afin de faire connaître ces métiers », insiste Florian Mouchel, responsable des École de la deuxième chance en Champagne-Ardenne (rattaché à Alméa Formation) et qui a organisé début novembre une visite des plateaux techniques pour des membres de la région, de la Commission européenne, et du Fonds social européen. Car malgré la demande, les prescripteurs, qui connaissent mal ces métiers, ont du mal à les vendre auprès des demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA ou jeunes sortis du système scolaire sans diplôme.

Neuf jeunes viennent de commencer leur stage (dont une femme), et deux autres sessions de six semaines sont d’ores et déjà prévues avant la fin de l’année. Quatre autres seront organisés en 2019 dans chacun des départements de l’ancienne Champagne-Ardenne (Ardennes, Aube, Marne et Haute-Marne).

La formation entre en effet dans le cadre du programme opérationnel Champagne-Ardenne 2014-2020 négociée avec la Commission européenne. Le programme est à ce titre soutenu par la région Grand Est (56 000 euros) et l’Union européenne (Fonds social européen et Initiative emploi des jeunes : 27 000 euros).

Rare en France

Ce type de formation reste encore rare en France malgré le besoin de main-d’œuvre des sous-traitants spécialisés dans les raccordements de réseaux. Seuls Marseille, Lyon, Bordeaux et Chelles disposent d’une proposition du même type pour le secteur de la fibre.

Auteur

  • Lucie Tanneau